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TRIBUNE DU VENDREDI N°168 : À L’ORIGINE DE LA CÉLÉBRATION DE L’APPEL – La promesse tenue de « Sangoup Jamono »

today9 janvier 2026 37

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La promesse tenue de « Sangoup Jamono »

«Xawma kañ laafiy jogé, waayé bala ma dem dina fexé ba ñëp xam sama Maam Seydina Limamou».
«J’ignore le moment où je quitterai ce monde. Mais avant de m’en aller je ferai connaître mon grand-père au monde [à mes contemporains]».

Ces propos qui trahissent un engagement et une détermination sans faille furent prononcés par le troisième Khalif des Ahloulahi, le premier petit-fils du fondateur à occuper le khilafat, je veux nommer Al « Mujaddid » (le réformateur) El Hadji Seydina Issa Lahi communément appelé Baye Seydi Thiaw Lahi « Sangoup Jamono » fils de Seydina Mandione Lahi fils de Seydina Limamou Lahi Al Mahdi. Ils les prononça au tout début de son califat en 1971. Il convient de préciser que le fait qu’il ait soutenu ignorer le moment où il quitterait ce monde n’était qu’un signe de respect et d’humilité face au décret discrétionnaire d’Allah. Mais il avait en d’autres circonstances et en privé, révélé à quelques-uns parmi ses proches qu’il ne vivrait pas au-delà des 73 ans que vécut son oncle et parrain Seydina Issa Rohoulahi (as). C’est d’ailleurs à cet âge qu’il quittera ce monde en 1987.

Homme de principe et de foi, dont la parole donnée suffit comme gage irrévocable à tout engagement pris, Baye Seydi Thiaw va tenir sa promesse quand 10 ans après, il célébra pour la première fois de notre histoire l’anniversaire de l’Appel de Seydina Limamou Lahi (asws). Ce fut au centenaire de l’Appel survenu le 5 juin 1981. Quelques mois auparavant, il avait déjà reçu des émissaires successifs envoyés par le saint-maitre pour l’informer qu’il était temps pour lui pour rappeler au monde sa mission prophétique en célébrant le Centenaire de l’Appel. Il venait à l’époque d’atteindre l’âge symbolique de 66 ans ; âge qu’avait Seydina Limamou Lahi quand il quittait ce monde en 1909. C’était donc comme si, à partir de ce moment, le califat Baye Seydi Thiaw devenait la continuité de la mission terrestre de son vénéré ascendant. Le troisième Khalif pouvait alors déclarer fièrement cette célèbre phrase : « Maam Limamu Laay wooteem ba am téémèèri at lii dootu deñ ». Ce qui pourrait être traduit ainsi : « L’Appel de Mame Limamou Lahi a un siècle ! Plus rien ne pourra enlever ce fait ».

Quand le Centenaire fut célébré sous présence effective du Premier ministre de l’époque (feu Habib Thiam) et de quelques ministres ainsi que du corps diplomatique accrédité au Sénégal, tous les regards, l’attention de tout un peuple vont être attirés par la sainte communauté des Ahloulahi. C’est pourquoi, après que les images de la célébration ont été diffusées sous le leadership éclairé du troisième Khalif, des adhésions en masses à la doctrine Ahloulahi furent notées. C’est d’ailleurs, à cette époque que la prédiction de Seydina Issa Rohoulahi (as) concernant la future accession de son neveu Baye Seydi Thiaw au califat de son grand père, se réalisa. Le premier Khalif après avoir prédit que son homonyme Baye Seydi Thiaw serait Khalif de Seydina Limamou avait précisé que la plus grande vague d’adhésion à la doctrine Ahloulahi se ferait sous son califat. Il avait ajouté que la plupart de ces futurs nouveaux adhérents seront les « perles de lumières » (péru kurus ya) dont parlait Seydina Limamou Lahi en septembre 1887 à Nguédiaga. Cela ne manqua pas susciter l’hostilité et la jalousie dans le cœurs de certains théologiens de l’époque. Mais notre troisième Khalif que certains poètes de notre communauté assimilait à un éléphant du fait de l’envergure de son œuvre n’avait que faire de quelques coups de pattes de la part des mouche. « Wexxu wèñ térèètul ñay way daagu » (le coup de patte d’une mouche n’a aucune incidence sur la démarche de l’éléphant) disait Libasse Niang.

Au fil des années, l’engagement pris par le déterminé Khalif-Maitre de son Temps va se matérialiser encore plus efficacement au regard de tout l’intérêt que la presse sénégalaise et même internationale manifeste à notre communauté et plus particulièrement au fondateur, le saint-maitre Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (asws). Ainsi, des articles de presses dédiés à l’évènement ainsi qu’au fondateur de la prestigieuse communauté Ahloulahi sont publiés dans tous les journaux d’envergure de ce pays. Dans le même temps, des éditions spéciales, émissions télévisées, des plateaux spéciaux dédiés à Seydina Limamou et à sa communauté sont organisés dans toutes les grandes chaines de télévision de notre pays notamment à la RTS (la télé d’État), la 2Stv, la TFM dont les efforts considérables fournis pour couvrir la célébration ont poussé certains de nos frères condisciples à la définir comme étant la «Télé bi Fèèñal Mahdiyou», etc. Aussi, la mission du saint-maître des Ahloulahi, sa vie, son enseignement, sont-ils revisités, disséqués, étudiés en plus amples détails à chaque célébration annuelle de l’Appel. C’est pourquoi plus les années passent et plus le saint-maitre Seydina Limamou Lahi est mieux connu et son enseignement atteint dans le même temps plus de cibles. Cela constitue un grand pas dans la mesure où aux débuts de la célébration, notre communauté avait fait l’objet d’une censure officieuse injuste et inéquitable motivée par quelques religieux trop zélés très hostiles à la doctrine Layène. Cette situation faisait que la télé nationale, la seule qui existait à l’époque (l’ORTS, à l’époque) ignorait parfois nos événements religieux. Et les fois où elle faisait enfin l’effort de les couvrir, seules quelques maigres minutes étaient retransmises.

D’ailleurs, cette situation avait poussé notre brave Khalif Baye Seydi Thiaw à chasser les équipes de l’ORTS venues couvrir une édition de la ziarra annuelle de Ndingala. À l’époque, il a fallu l’intervention de Mamadou Diop (ancien ministre et maire de Dakar), un parent proche de la sainte famille, pour que Baye Seydi Thiaw acceptât enfin de recevoir le ministre de l’Information, feu Djibo Leyti Ka qui montra, d’ailleurs, une vive émotion lors de cette rencontre. C’était comme si le Khalif était déterminé à ne laisser personne compromette son objectif de faire découvrir son illustre grand-père. Toujours concernant la RTS, dès la première année de prise de fonction du nouveau Directeur Général, Pape Alé Niang, il s’est déplacé pour rencontrer les autorités de notre communauté afin de les informer que les moyens nécessaires seront mobilisés pour que le direct soit retransmis depuis chaque site à chaque étape de la célébration. Une première dans l’histoire liant la chaine nationale à la communauté Ahloulahi.

Aujourd’hui, après 45 ans de célébration, si on considère que l’objectif premier de l’initiateur de l’événement était de faire connaitre Seydina Limamou Lahi, il apparaît judicieux, nécessaire voire stratégique d’évaluer la pertinence des méthodes et moyens utilisés pour la diffusion du message et des enseignements du saint-maître Seydina Limamou Lahi (asws). Il serait aussi pertinent de déterminer l’impact de la célébration de l’Appel dans les localités de Yoff, Cambérène, Ngor et par extension dans la région de Dakar notamment dans les domaines économique, social, environnemental, etc. Cela permettrait de mieux évaluer l’envergure de l’évènement et de revoir.

Une fois que cette étape sera franchie, la suivante sera, en prélude de la célébration annuelle de l’Appel, d’organiser un colloque international en y conviant d’abord les autres communautés religieuses du pays, et la oumma islamique établie dans le reste du monde. Cela permettrait de leur faire découvrir Seydina Limamou Lahi, les informer de sa mission, leur partager son message et leur présenter son enseignement en différentes langues.

Pour la première édition, ce sera juste à titre informationnel : annoncer au monde qu’un sénégalais dont le nom de naissance est Limamou – une déformation wolof du titre « Imâmi Lahi » – est apparu sous nos cieux depuis 1883. Mais à partir de la deuxième année, le colloque International de l’Appel pourrait servir de cadre pour apporter des éléments de réponses aux différentes interrogations formulées par les « invités » à l’issue de la première édition. Ainsi chaque année pourrait être consacrée à éclaircir quelques points de discorde sur le statut de l’Imam Al Mahdi et les divergences d’ordre théologique entre la doctrine Ahloulahi et la perception des ulémas issus des 4 madhâhib (écoles de pensées islamiques).

Qu’Allah agrée l’œuvre du troisième Khalif El Hadj Seydina Issa Lahi ibn Seydina Mandione et le rehausse auprès de Ses plus grands serviteurs.

Par Chérif Alassane Lahi Diop « Sibt Sâhibou Zamâne »,
Analyste politique et économique,
Expert en Commerce et Management des Affaires Internationales,
Secrétaire Général de Vision 129.

Écrit par: soodaan3

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