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RAPPEL A DIEU DE MAMADOU LAYE NDIR : à Malika, une foule immense pour accompagner la voix de Baay Ablaay

today18 août 2026 132

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A Malika, une foule immense pour accompagner la voix de Baay Ablaay

Des milliers de fidèles ont accompagné, ce mardi 18 août 2026, Mamadou Laye Ndir à sa dernière demeure, au cimetière de Malika. Autour de sa famille et des membres de la Sainte Famille de Seydina Limamou Lahi (asws), les témoignages ont surtout rappelé son parcours auprès de Serigne Abdoulaye, devenu le cinquième Khalif, et le lien exceptionnel qui les unissait.

MALIKA — 18 AOÛT 2026. Il est 17h34 lorsque le cortège funèbre de Mamadou Laye Ndir fait son entrée au Préau de Malika, porté par les invocations : Laa ilaaha illallah, laa ilaa ilaalaa…

Le préau est trop étroit pour contenir la foule venue accompagner le défunt à sa dernière demeure. Ils sont des milliers : membres de sa famille, proches, fidèles venus de différents horizons de la Communauté, ainsi que des membres de la Sainte Famille de Seydina Limamou Lahi (asws).

L’émotion est grande. Mais au-delà de la douleur, c’est surtout la reconnaissance qui domine. Celle d’une communauté venue saluer une voix qui, durant des décennies, aura consacré son art au service de la religion et de la mémoire.

À 17h37 commencent les témoignages.

1966, LE DÉBUT D’UNE HISTOIRE

C’est Bollé Laye Ndir, fils du défunt, qui prend la parole. Il rappelle l’attachement de son père à l’Islam, à la la Communauté et à sa famille, avant d’évoquer une date essentielle : 1966.

Cette année-là, Mamadou Laye Ndir s’établit à Malika auprès de Serigne Abdoulaye, celui qui deviendra plus tard Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw Lahi, cinquième Khalif de Seydina Limamou Lahi (asws).

À son arrivée, Mamadou Laye Ndir est illettré. C’est auprès de Serigne Abdoulaye qu’il sera formé.

Bollé résume cette relation en quelques mots :

  • « Baay Ablaay l’a formé et il le lui a bien rendu à travers ses chants. »

Une phrase qui résume une relation appelée à durer plusieurs décennies.

Le témoignage de Serigne Mamour Thiaw Lahi, fils de Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw Lahi, vient confirmer cette étape. Il rappelle également le passage de Mamadou Laye Ndir à Sangalkam, où Serigne Abdoulaye l’avait envoyé afin de le préparer à ce qu’il aurait à accomplir dans l’avenir.

Cette période apparaît ainsi comme un moment fondateur dans la trajectoire de celui qui allait devenir l’une des voix familières de la tradition chantée de la Communauté.

« BAAY ABLAAY ÉTAIT UNE PARTIE DE MOI-MÊME »

Pour comprendre la profondeur de cette relation, il faut aussi écouter Mamadou Laye Ndir lui-même.

À propos de Baay Ablaay, il disait :

« Baay Ablaay est une partie de moi-même. »

Il expliquait qu’aucune personne ne pourrait jamais occuper la même place dans son existence et que ce que Baay Ablaay avait fait pour lui, personne d’autre ne pouvait le faire.

Ces paroles prennent aujourd’hui une résonance particulière. Elles témoignent d’un lien qui dépassait, dans son propre récit, la simple relation entre un chanteur et une figure religieuse. C’était une relation personnelle, construite sur plusieurs décennies et dont les racines remontaient à bien avant l’accession de Serigne Abdoulaye au Khalifat.

« CE QUE J’ÉCRIS OU JE CHANTE NE VIENT PAS DE MOI »

Mamadou Laye Ndir expliquait également sa conception de sa vocation. Ce qu’il écrivait ou chantait, disait-il, ne résultait pas simplement d’une démarche artistique.

« Ça ne vient pas de moi », expliquait-il en substance.

Il affirmait recevoir des injonctions pour écrire et chanter, allant jusqu’à parler de « pur miracle ».

C’est dans cette perspective qu’il expliquait notamment son attachement particulier à Baay Ablaay et les nombreux chants qu’il lui consacrait.

Pour lui, le chant était donc davantage qu’un art : c’était une mission.

« IL FAISAIT DU JIHAD PAR LES MOTS »

Prenant la parole, Chérif Mame Mambaye Lahi, fils de Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw Lahi, apporte un autre témoignage. Notamment, une recommandation de Mamadou Lahi Ndir.

Il rappelle la proximité qui l’unissait à Mamadou Laye Ndir durant les dernières années et confie que le défunt lui avait demandé de ne pas s’éloigner de lui.

Il adresse ses condoléances au Khalif actuel, Seydina Mouhamadou Lamine Lahi, pour l’accompagnement apporté à Mamadou Laye Ndir durant sa maladie et jusqu’à son rappel à Dieu. Il évoque notamment l’implication de Dr Mame Libasse Lahi, fils du Khalif.

Il remercie également Seydina Laye ainsi que les enfants et la famille du défunt, en particulier son fils aîné, Libasse.

Puis il résume la vocation de Mamadou Laye Ndir par une formule forte :

« Il faisait du jihad par les mots. »

Des mots pour servir la religion.
Des mots pour chanter le Prophète Seydina Mouhamed durant sa première mission.
Des mots pour chanter Seydina Limamou Lahi, le Messager d’Allah, revenu pour une seconde mission.
Des mots pour transmettre.
Des mots pour conserver une mémoire.

JUSQU’AUX DERNIERS JOURS

Bollé revient également sur les derniers moments de son père et remercie ceux qui l’ont accompagné durant sa maladie.

Il cite notamment le Khalif actuel et les membres de la famille de Baay Ablaay, avec une mention particulière pour Chérif Mame Mambaye Lahi, qui, selon son témoignage, s’est occupé de Mamadou Laye Ndir jusqu’à ses derniers instants.

Au-delà de ces témoignages, c’est la continuité d’une relation qui apparaît.

Ce qui avait commencé à Malika en 1966 ne s’était jamais véritablement interrompu.

Le lien noué avec Serigne Abdoulaye s’était prolongé à travers ses fils et sa famille, jusqu’aux derniers jours de celui qui avait fait de Baay Ablaay l’une des figures majeures de son répertoire.

UNE VOIX QUI S’EN VA À L’APPROCHE DU MAOULOUD

Les témoignages entendus à Malika ont finalement convergé sur l’essentiel : Mamadou Laye Ndir aura consacré sa vie à la religion et à la transmission.

Son fils a rappelé son attachement à l’Islam, à la Communauté et à sa famille.

Serigne Mamour Thiaw Lahi a évoqué sa formation auprès de Serigne Abdoulaye.

Chérif Mame Mambaye Lahi a rappelé son engagement et cette manière de « faire du jihad par les mots ».

Des paroles différentes, mais une même image : celle d’un homme pour qui la voix, la foi et la fidélité ne faisaient qu’un.

Au terme des témoignages, les paroles ont laissé place à la prière mortuaire avant d’accompagner Mamadou Laye Ndir vers sa dernière demeure.

Ainsi s’achevait le parcours terrestre d’un homme arrivé à Malika en 1966, alors qu’il était encore illettré, et qui y aura laissé, près de six décennies plus tard, une mémoire faite de chants, de fidélité et de transmission.

La voix s’est tue.

Mais ce mardi 18 août 2026, à Malika, des milliers de fidèles étaient là pour lui dire adieu.

Et peut-être est-ce là le plus bel hommage à celui qui avait fait de sa voix un instrument de mémoire : les chants demeurent, les paroles demeurent, la mémoire demeure.

Qu’Allah SWT lui accorde Sa Miséricorde, lui pardonne ses péchés et l’accueille dans Son Paradis. Amine.

Écrit par: soodaan3

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