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COMMÉMORATION DU 8 MAI : Seydina Ababacar Lahi, héros spirituel et combattant de la Première Guerre mondiale honoré

today12 mai 2026 297

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La mémoire de Baabul Uloom ibn Imaamal Laahi (asws) engagé aux côtés des tirailleurs sénégalais honorée

À l’occasion de la journée du 8 mai 2026 dédiée à la mémoire des tirailleurs sénégalais, l’Association Serigne Fallou Fall a rendu hommage aux figures qui ont marqué l’histoire militaire du pays. Parmi elles, Seydina Ababacar Lahi ibn Seydina Limamou Lahi (asws) occupe une place singulière. Engagé volontaire lors de la Première Guerre mondiale, le fils de Seydina Limamou Lahi (asws) a laissé le souvenir d’un homme de foi, de courage et de protection, dont les récits transmis par les anciens tirailleurs continuent d’alimenter la mémoire collective.

Le 8 mai 2026, à l’occasion de la journée de commémoration consacrée aux tirailleurs sénégalais, l’Association Serigne Fallou Fall a organisé une marche mémorielle en hommage à ces combattants qui ont marqué l’histoire par leur bravoure. Parmi les figures évoquées au cours de cette journée, une place particulière a été accordée à Seydina Ababacar Lahi ibn Seydina Limamou Lahi, fils de Seydina Limamou Lahi (asws), dont le parcours durant la Première Guerre mondiale demeure gravé dans la mémoire collective.

En 1914, lorsque l’administration coloniale française lança la mobilisation de ressortissants de ses colonies pour participer à la guerre, elle sollicita plusieurs grandes familles religieuses du Sénégal. Chacune fut invitée à envoyer un représentant parmi ses fils. C’est dans ce contexte que Seydina Ababacar Lahi, animé par la soumission à Dieu, l’amour filial envers son père l’Imam Al Mahdi et le respect de ses aînés, choisit de se porter volontaire pour représenter la famille, prenant sur lui cette mission à la place de ses frères.

Son passage sur les champs de bataille d’Europe reste entouré de récits extraordinaires transmis par ses compagnons d’armes et leurs descendants. Au-delà de son engagement militaire, il fut perçu comme un homme de foi, de sagesse et de protection. Ses compagnons voyaient en lui un guide spirituel, capable d’apaiser les situations les plus périlleuses par la grâce divine.

L’un des épisodes les plus marquants rapportés concerne une situation de guerre où son bataillon se retrouva encerclé face à l’ennemi, bloqué au bord d’un fleuve. Face à l’impasse, ses compagnons sollicitèrent son aide. Seydina Ababacar leur demanda alors de fermer les yeux, de se mettre en file et de poser chacun la main sur l’épaule du précédent. Lorsqu’ils rouvrirent les yeux, ils se trouvaient déjà de l’autre côté du fleuve, sains et saufs, sans comprendre comment la traversée s’était opérée. Ce fait, resté vivant dans les récits familiaux, renforça son aura auprès de ses compagnons.

Un autre événement souvent évoqué est celui de la fête de la Tabaski célébrée sur le front. À la demande de ses compagnons, il dirigea la prière et prononça le sermon. Ce jour-là, il portait des vêtements d’une rare beauté qui suscitèrent l’étonnement général. Interrogé sur leur provenance, il répondit simplement que celui qui les avait apportés les avait ramenés avec lui, allusion à la présence spirituelle de son père, l’Imam (asws).

Il est également rapporté qu’au cours d’une traversée maritime, un sous-marin allemand tenta d’attaquer le navire transportant son contingent. Selon la tradition orale, Seydina Ababacar aurait, par la puissance divine, soulevé l’embarcation, permettant d’éviter le naufrage. Des récits de cette nature ont contribué à forger sa réputation de protecteur et de recours spirituel auprès des soldats.

Ces événements expliquent la grande estime dont il bénéficiait parmi les tirailleurs, notamment auprès de Ngalandou Diouf, avec qui il noua une relation d’amitié durable après la guerre. Ce dernier témoignait souvent de l’assurance que procurait sa présence, convaincu qu’il incarnait une protection pour ses compagnons.

À son retour au Sénégal, sain et sauf après la guerre de 1914-1918, Seydina Ababacar Lahi ibn Seydina Limamou Lahi (asws), connu également sous le surnom de Baabul Uloom (porte du Savoir) poursuivit son œuvre religieuse et spirituelle. Son engagement au front, allié à sa mission de guide, fait de lui une figure singulière de l’histoire sénégalaise : celle d’un homme ayant servi à la fois la nation, ses compagnons d’armes et sa communauté.

La communauté layène a pris part à la marche du 8 mai 2026 à travers une délégation conduite par Chérif Mame Libasse Thiaw Lahi ibn Seydina Mouhamadou Lamine Lahi, Khalif des Layènes, venue honorer cette mémoire. Par sa présence, elle a réaffirmé son attachement au devoir de mémoire, à la transmission de l’histoire et à la reconnaissance envers ceux qui, comme Seydina Ababacar Lahi, ont incarné le courage, la foi et le service.

Sélou Laye BA

Voici un article publié par le site de la RTS sur Seydina Ababacar Lahi

 

Écrit par: soodaan3

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