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MAMADOU LAYE NDIR : La voix d’une mémoire qui ne s’éteint pas

today18 août 2026 30

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MAMADOU LAYE NDIR : LA VOIX D’UNE MÉMOIRE QUI NE S’ÉTEINT PAS

Poète et chanteur, Mamadou Laye Ndir avait consacré sa voix à Seydina Limamou Lahi (asws), à Seydina Issa Rouhou Lahi (as) et aux grandes figures de la Communauté. Mais derrière le chanteur se trouvait surtout un homme convaincu que sa voix répondait à une mission.

La Voix s’est tue

Dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 août 2026, Mamadou Laye Ndir, l’une des voix familières de la tradition chantée de la Communauté Ahloulahi, a été rappelé à Dieu.

Avec lui disparaît un chanteur. Mais Mamadou Laye Ndir était bien plus que cela : poète, conteur de mémoire, témoin de son époque et passeur d’un patrimoine religieux transmis de génération en génération.

Son nom reste attaché à plusieurs compositions consacrées à Seydina Limamou Lahi (asws) et à Seydina Issa Rouhou Lahi (as) : Yaa Ilaahi fa sallim, Alhamdulillahi, Seydi Mamour, Aleyhi Salli ya Mawlaana, Rabbul Jalil, entre autres.

Son œuvre s’inscrit dans une tradition où le wolof devient langue de foi, d’histoire et de transmission.

Un poète avant d’être chanteur

Mamadou Laye Ndir comptait parmi les poètes dont les œuvres ont contribué à célébrer la mémoire de Seydina Issa Rouhou Lahi, aux côtés notamment de Baye Malick Mbaye, Libasse Niang et El Hadji Sakhir Gaye.

Son poème Jantub Diine Lislaam en constitue une illustration majeure. Il y développe une méditation autour de la foi, de la mission de Seydina Limamou Lahi, de Seydina Issa Rohou Lahi et de l’enseignement religieux.

Chez lui, le chant n’était donc pas seulement mélodie.

Il racontait. Il enseignait. Il célébrait. Il transmettait.


« Baay Ablaay était une partie de moi-même »

Parmi les grandes figures auxquelles Mamadou Laye Ndir a consacré sa voix, Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw Lahi, cinquième Khalif, occupait une place singulière.

Il l’appelait affectueusement « Baay Ablaay ». Dans un témoignage consacré au Khalif, il disait de lui qu’il était « une partie de moi-même », ajoutant qu’aucune personne ne pourrait jamais occuper la place qu’il avait dans son existence.

Cette relation était ancienne. Elle remontait à une période où Chérif Abdoulaye Thiaw Laye n’était pas encore Khalif.

Alors qu’il venait de s’établir à Malika, Mamadou Laye Ndir avait rencontré celui qui allait devenir le cinquième Khalif. Les témoignages disponibles permettent ainsi de situer leur relation bien avant l’accession au Khalifat.

Cette proximité explique en partie la place exceptionnelle de Baay Ablaay dans son œuvre.

Mais Mamadou Laye Ndir donnait à son engagement une autre dimension.

Il expliquait que ce qu’il écrivait ou chantait ne venait pas simplement de lui. Il disait recevoir des injonctions à écrire et à chanter.

Pour lui, la voix du poète n’était donc pas seulement une expression artistique.

Elle répondait à une mission.

Une vocation qu’il disait avoir reçue

Dans ses témoignages, Mamadou Laye Ndir évoquait plusieurs épisodes qui, à ses yeux, avaient contribué à orienter sa trajectoire.

Il racontait notamment sa rencontre avec Serigne Mamour Diakhaté à Ngakham, qui l’aurait accompagné dans la brousse et lui aurait montré ce qu’il considérait comme des manifestations liées à la présence de Seydina Issa Rouhou Lahi.

Selon son récit, il lui aurait alors expliqué qu’il devait jouer un rôle important dans la Communauté et qu’il ne devait rien ignorer.

D’autres étapes de son parcours passèrent par Malika et Sangalkam, dans le prolongement de sa relation avec Chérif Abdoulaye Thiaw Lahi.

Ces récits sont ceux de Mamadou Laye Ndir lui-même. Ils permettent surtout de comprendre la manière dont il percevait sa propre vocation : non comme une simple carrière de chanteur, mais comme une responsabilité reçue.

Une voix tournée vers les grandes figures

Seydina Limamou Lahi (asws), Seydina Issa Rouhou Lahi (as), Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw Lahi : Mamadou Laye Ndir a consacré une grande partie de son œuvre aux figures qui ont marqué l’histoire de la Communauté.

Sa poésie faisait dialoguer le présent avec la mémoire.

Ses chants racontaient les hommes, leurs qualités, leur mission et les enseignements que leur vie pouvait transmettre aux générations suivantes.

C’est pourquoi son œuvre dépasse aujourd’hui la personne du chanteur.

Elle appartient à un patrimoine oral.

Une voix s’éteint, une mémoire demeure

Mamadou Laye Ndir n’est plus là pour chanter.

Mais ses poèmes restent.

Ses chants restent.

Sa parole reste.

Et ceux qui l’ont connu, accompagné ou entendu deviennent désormais les dépositaires d’une partie de cette mémoire.

Son œuvre devra continuer à être collectée, identifiée, transcrite et transmise. Car une partie de ce qu’il a laissé demeure encore à retrouver.

Derrière le chanteur, il y avait un poète.

Derrière le poète, un témoin.

Et derrière le témoin, un homme convaincu d’avoir reçu une mission.

Mamadou Laye Ndir s’en est allé.

Sa voix, elle, continue de chanter.

Sélou Laye BA

Écrit par: soodaan3

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