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NUIT DU 13 AU 14 OCTOBRE 1987 : Rappel à Dieu de Baye Seydi Thiaw Lahi

today4 septembre 2023 272 2

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Un pilier de l’Islam disparaît

La communauté Layène du Sénégal et de la diaspora s’est installée dans le deuil, à la suite du décès du khalif général de la confrérie, Seydina Issa Laye, survenu dans la nuit de mardi à mercredi, a l’âge de 73 ans.

Le fils de Seydina Mandione, qui repose désormais dans le sanctuaire béni de Diamalaye, n’a eu de cesse de perpétuer l’œuvre de son père les seize années qu’aura duré son règne. Et, c’est moins pour pleurer leur guide spirituel – le bon croyant se soumet à la volonté de Dieu – que pour vivifier leur foi et réaffirmer leur allégeance à son successeur, que les talibés ont pris littéralement d’assaut la maison mortuaire qui n’a désempli à aucun moment, hier. Ils venaient s’imprégner des nouvelles directives afin de continuer à cheminer ensemble sur la voie déjà balisée par Seydina Limamou Laye.

Les témoignages, concordants, dépeignent le défunt Khalif comme un homme courtois, réservé, discret, plus attiré par le Tout-puissant que par les richesses matérielles, trésor éphémère. La seule exigence à laquelle il demandait aux fidèles de se soumettre, était de croire en Dieu, de suivre les prescriptions du Saint Coran, et d’aimer leur prochain pour mériter de l’au-delà. Il était également obnubilé par l’unité des cœurs et des esprits et le resserrement des liens entre les musulmans. Layène ne signifie-t-il pas une assemblée tournée vers la même direction, sans distinction de race, de sexe ni de naissance ? C’est, en effet, pour faire tomber ces barrières que tous se nomment usuellement Laye, et se considèrent comme des frères et des sœurs en Dieu.

Pour Seydina Issa Laye, seuls la Khibla et la Fatiha devaient unir les musulmans, dans l’égalité. C’est d’ailleurs, dans ce cadre qu’il faut situer sa tournée entreprise en 1982 au niveau des différents chefs religieux (Tivaouane, Ndiassane, Touba, Thiénaba et autres), pour essayer de mieux souder la Communauté musulmane.

Serigne Abdoul Aziz Sy qui, malgré des problèmes de santé, est venu présenter les condoléances de feu El Hadji Malick Sy, a tenu à porter un témoignage -hommage sur le défunt guide de la confrérie Layène, qu’il a dépeint comme « un patrimoine commun au monde musulman », dans la mesure où il s’était exclusivement consacré au rayonnement de l’Islam. « Si des prières suffisaient pour le retenir, il ne serait pas parti », devait-il faire remarquer, tout en reconnaissant la puissance de la volonté divine sur le croyant.

Le Khalif général des Tidianes a retenu de ce « pilier de l’Islam » sa grande discrétion, sa disponibilité, son abord facile, son calme et sa sérénité, sa simplicité désarmante, et son goût de l’effort.

Après avoir brossé les liens qui unissent les deux grandes familles religieuses, Serigne Abdoul Aziz Sy a recommandé aux talibés de se conformer aux prescriptions de leurs guides et de rester lucides et vigilantes pour recueillir tous les bienfaits espérés. Surtout si l’œuvre du guide est désintéressé, si elle peut être perpétuée par une lignée de valeur.

Avant le Khalif général des Tidianes, plusieurs personnalités politiques, coutumières et religieuses s’étaient rendues à Yoff pour présenter leurs condoléances à la famille du disparu. Ainsi, plusieurs membres du gouvernement (Serigne Lamine Diop, Médoune Fall, Ibrahima Fall) ont effectué le déplacement pour présenter les condoléances du Chef de l’État à la collectivité Layène.

A l’actif de Seydina Issa Laye, il faut citer les quelques 700 mariages qu’il a scellés dans la plus grande simplicité, et la célébration du centenaire de l’Appel de Seydina Limamou Laye qui a débuté sous son Khalifat.

Abdallah Faye
Le Soleil du jeudi 15 octobre 1987

Écrit par: soodaan3

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