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TRIBUNE DU VENDREDI N°173 : Une gratitude éternelle pour le sixième Khalif Seydina Mouhamadou Makhtar Lahi ibn Seydina Mandione

today10 avril 2026 5

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Une gratitude éternelle pour le sixième Khalif Seydina Mouhamadou Makhtar Lahi ibn Seydina Mandione

Voici un an que s’est éteint le sixième Khalif des Ahloulahi Seydina Mouhamadoul Makhtâr Lahi. Ce fut dans la nuit du 8 au 9 avril 2025 (9 au 10 de shawwal de l’an 1446 de l’hégire) que le fils cadet de Seydina Mandione Lahi qui l’appelait affectueusement «Ahmadoul Moukhtâr» s’est éteint.

Sa naissance aux premières heures du califat de son père était une récompense du Créateur pour Seydina Mandione Lahi dont l’énorme sacrifice résonne encore à travers les générations. Sur son nom de famille on ne verra pas le « Thiaw » habituel. Mais plutôt « Lahi » comme l’avait conseillé son illustre grand-père Seydina Limamou Lahi. En effet, à sa naissance au lieu de lui donner le nom de famille Thiaw hérité de son père comme ses ainés, il avait été déclaré « Lahi ».

En succédant au cinquième Khalif Seydina El Hadji Abdoulahi Thiaw Lahi en 2021, il était le troisième fils de Seydina Mandione à accéder au califat de Seydina Limamou Lahi (asws) après ses frères aînés Baye Seydi Thiaw Lahi « Sangoup Jamono » (troisième Khalif) et Seydina Mame Alassane Lahi (quatrième Khalif). « Al Moukhtâr» n’aura, hélas, occupé le rang de Khalif du fondateur que pour quelques quatre années.

Pourtant cette courte période passée au califat du saint-maître, il va l’utiliser de la meilleure des façons pour garantir la stabilité et la cohésion dans la grande famille Ahloulahi. Mieux encore il l’a utilisée pour poser les fondements solides d’une organisation qui, si elle est bien suivie garantira a notre communauté une autonomie pérenne, une amélioration des conditions de vie des fidèles et par effet d’induction une meilleure diffusion de la doctrine Ahloulahi. Alliant son éducation religieuse et une formation d’ingénieur informaticien Seydina Mouhamadoul Makhtar fut un visionnaire, un homme de son temps. Il a accédé au califat en tant qu’ingénieur informaticien à une époque où tout est régi par le digital. Cela ne pouvait donc être une simple coïncidence dans la mesure où Allah, le Maître de la Création, sait bien faire les choses.

Seydina Mouhamadou Makhtar Lahi, en homme de son temps, aura alors la brillante idée d’intégrer la doctrine Ahloulahi dans un monde en mutation où il est question de développement durable, autour de trois axes fondamentaux et interdépendants :
Écologique : protection de la biodiversité, gestion efficiente des ressources naturelles, réduction de l’empreinte carbone ;
Économique : promotion d’une croissance durable
Social : réduction des inégalités, eradication de la pauvreté, justice sociale, éducation et santé pour tous.

C’est ainsi, qu’il avait pour ambition de faire du patrimoine foncier des 45 hectares de Malika un hub concentrant spiritualité, éducation, santé pour tous et croissance économique durable. Il s’agit globalement d’un projet de construction de villas et d’appartements à tarifs économiques accessibles à toutes les bourses sur la partie faisant face à la VDN 3. Sur cette même partie faisant face à l’océan Atlantique où était prévue la concentration d’activités économiques pour accélérer la croissance avec des lieux de commerce (centres commerciaux, supermarchés, etc.), plateaux de bureaux, etc. les revenus seraient essentiellement destinés à financer les projets et l’éducation ; mais aussi pour soutenir les activités de la communauté. Cela permettrait de gagner l’autonomie financière tant rêvée en un temps record.

Toujours dans ce site de Malika étaient prévues la construction d’un hôpital moderne avec des soins pour tous, une grande mosquée (joyau de ce projet d’envergure défendu par le sixième Khalif) et une université islamique. Il s’agissait donc d’un projet ambitieux de création d’une nouvelle ville sur la base du projet de société développé par Seydina Limamou Lahi (asws), mais qui épousera aussi les technologies de notre époque avec notamment la mise en place d’une centrale à énergie verte au bord du lac pour alimenter toute la cité.

Seydi Mouhamadou Makhtar Lahi ibn Seydina Mandione Lahi avait aussi prévu un grand nombre de projets pour la modernisation de la cité Layène en général. Parmi ces projets, il y a la réhabilitation des lieux de cultes avec notamment :
La construction d’une grande mosquée à Ndingala sur le site de la première mosquée que Seydina Limamou Lahi y érigea en 1887, ainsi qu’un institut islamique comme l’avait prévu son frère aîné le troisième Khalif Baye Seydi Thiaw Lahi ;
La rénovation et l’extension du lieu saint de Diamalaye à Yoff ;
L’aménagement complet avec différents édifices d’accueil et un auditorium à « Khount Ma » à Ngor-Almadies, ainsi que son projet phare à savoir la fameuse mosquée de verre sur le même site et dont le projet très avancé a été confié à l’architecte Habib Diène.

Voici en résumé la vision de Seydina Mouhamadoul Makhtar, un ingénieur informaticien fils du grand Khalif Seydina Mandione ibn Seydina Limamou Lahi « Yaakaari Jaam Ñi ». Son rappel à Dieu est une grosse perte pour la communauté Ahloulahi au regard de son engagement et ses ambitions.

Le soir où il a succédé à Serigne Ablaye, j’ai eu la chance d’être parmi les premières hommes à m’agenouiller devant lui pour lui prêter serment d’allégeance. Ce fut quelques heures seulement après l’enterrement de Serigne Ablaye. Ce soir-là, en compagnie de mon oncle Chérif Dial Thiaw Lahi fils de Seydina Mame Alassane (quatrième Khalif), nous l’avions trouvé au premier étage de sa résidence de Cambérène 2. C’était la première fois de ma vie que je rencontrais enfin ce grand-père – il est le frère cadet de mon grand-père Baye Seydi Thiaw- qui m’avait toujours fasciné par son savoir et son choix de vivre loin des projecteurs malgré son savoir et son statut de fils de Seydina Mandione. Un statut qui lui aurait fait bénéficier facilement de tout privilège. Mais il n’en avait cure préférant vivre loin des avantages que procure ce statut.

Ce soir-là, mon oncle lui a dit «Tonton xame nga sa sët bii ?». Il s’était alors retourné pour me fixer un instant. J’étais figé et complètement impuissant face au regard perçant de cet homme. Comprenant qu’il ne me reconnaissait pas, tonton Dial avait ajouté «Doomu S…Lahi la». Et là tout d’un coup, le Khalif nouvellement élu m’a : «Comment…Yaw yaa bind articles yi?». Je lui ai répondu par l’affirmative. Il me couvrit d’honneur et de joie avec un «Maagi lay suivre…Na nga goorgoorlu !». Mon oncle lui a alors demander de prier pour moi. C’est seulement après cela que j’eus enfin le courage de m’approcher de lui agenouillé que j’étais pour recueillir ses bénédictions et lui faire mon allégeance. La prière dura longtemps.

Quelques mois après, mon oncle m’a informé du choix porté sur ma modeste personne par le Khalif Seydina Mouhamadou Makhtar Lahi pour intégrer la commission chargée de gérer la Zakât. Ce fut un grand honneur pour moi et la reconnaissance de tous mes efforts (que je juge encore insuffisants) «au Service du Mahdi». Il ne l’avait pas fait par népotisme ou à la « Yaama neex ». Je suis titulaire d’une maîtrise en sciences économiques option Analyse politique et économique et dispose d’une base religieuse qui m’a permis de rédiger plusieurs articles sur la Zakât. D’ailleurs j’étais le rapporteur de l’atelier «Système de collecte de la Zakat» lors de la journée de réflexion organisée par la communauté Ahloulahi de Dakar au Centre Douta Seck le 8 janvier 2022.

À travers ce choix d’inclure les jeunes, il faut comprendre sa volonté de mieux les former en leur faisant bénéficier du savoir et de l’expérience de ceux à qui étaient confiées les commissions afin de préparer la future relève de notre communauté. C’est, en effet, ainsi qu’on développe une communauté par l’implication et la formation de sa jeunesse, cheville ouvrière de toute organisation.

Je me rappelle que pour m’annoncer la nouvelle de ma nomination par le Khalif et anticiper la vague de commentaires que cela enduirait (j’étais le seul jeune choisi pour intégrer la stratégie organisationnelle définie par le Khalif), mon oncle Dial dans sa sagesse, m’avait proposé une rencontre au lieu le plus cher à mon cœur à savoir Diamalaye la sainte. Et ce jeudi soir-là, devant la porte du mausolée de mon grand-père Baye Seydi Thiaw, je me rappelle avoir dit à mon oncle : «Kër Seydina Limamou gii dé Laay soxlawuma fi bennap cër bu wèèsoo doon taalibe, sakku ak laxx ngërëmam…».

Pour cette confiance accordée à ma modeste personne par la personnalité la plus importante de notre communauté, le Khalif dernier fils de mon arrière-grand-père, je serai éternellement reconnaissant à Seydina Mouhamadou Makhtar Lahi.

En ce jour de commémoration de son rappel à Dieu, je m’incline devant la mémoire de ce grand homme bâtisseur que fut «Mame Doudou Lahi» et je prie Allah de le rehausser en grades «mina-n-Nabiyyîna wa-ç-Çiddiqîna wa-sh-Shuhadaa i wa Çâlikhîna wa khasuna ûlâ ika rafîqan…Amîne»

Par Chérif Alassane Lahi Diop « Sibt Sâhibou Zamâne »,
Expert en Commerce et Management des Affaires Internationales,
Secrétaire Général de Vision 129.

Écrit par: soodaan3

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