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BAYE SEYDI THIAW LAHI SUR LES 364 HA OFFERTS A L'ETAT DU SENEGAL Baye Seydi Thiaw LAHI
A la fin du califat de Seydina Issa Rohoulahi, est né dans les fins fonds du Kajoor, plus précisément à Thissé Keur Amadou Yacine (près de la ville sainte de Tivaouane, Thiès), un jeune garçon qui allait devenir un des rossignols qui propageraient agréablement la mission du saint-maitre Seydina Limamou Lahi (asws).
Mamadou Lahi Ndir de son nom, comme tout bon kajoorien, pratiquait tout tranquillement ses activités de cultivateur jusqu’à sa rencontre avec le saint homme de Ngakham, Serigne Mamour Diakhaté en 1964. Cette rencontre historique avec le gardien de « Beyti Ma ‘Moor » va être déterminante pour le jeune Mamadou Lahi Ndir qui, alors, va recevoir l’illumination. En effet, le saint-homme du Kajoor, le même qui, quelques dizaines d’années plutôt, avait accueilli dans sa concession à Ngakham, le jeune Seydina Issa Rohoulahi âgé de trente ans, va lui mettre le pied à l’étrier dès l’instant qu’il lui annonça sa véritable vocation. « Tu fais partie des élus dont la mission est de propager la rissalat de Seydina Limamou Lahi (asws) », lui avait-il dit. Il ne manqua pas de lui donner le wird Layène. Suffisant pour le jeune Mamadou Lahi Ndir pour en faire un sacerdoce.
Deux ans après cette rencontre très édifiante avec « Boroom Kajoor », il rejoignit à Dakar (1966) Serigne Ablaye, alors « Général à la tête des armées saintes du Mahdi ». La première chose que lui a dite ce futur cinquième Khalif des Ahloulahi était d’approfondir ses connaissances. « Car, il fallait être bien armé de savoirs pour pouvoir soutenir la mission de son illustre grand-père (asws) », lui précisa-t-il.
Après avoir été suffisamment abreuvé à la lumière nourricière, à l’enseignement salvateur et à la sagesse prophétique du saint-maitre des Ahloulahi, Mamadou Lahi Ndir ressenti la soif inextinguible de partager avec le monde l’honneur de connaitre cette merveille unique qu’est Seydina Limamou Lahi (asws). C’est ainsi, qu’il va embrasser la poésie comme moyen de sensibilisation, de partage et d’alerte sur ce joyau du peuple noir qu’est Seydina Limamou Lahi (asws). A force de persévérance, il va finalement produire une poésie exaltante, délicieuse, enrichissante et suffisamment référencée pour raffermir la foi des fidèles et adoucir le cœur des plus incorrigibles négateurs à la doctrine Ahloulahi. Finalement Mamadou Lahi Ndir va bouleverser l’équilibre établi pour s’imposer comme l’un des plus grands poètes de langue wolof de l’air moderne, et dans le même temps le poète le plus prolifique parmi les Ahloulahi.
A propos de sa relation avec Serigne Ablaye, le professeur Assane Sylla précisait ceci sur la fiche de présentation de Mamadou Lahi Ndir dans le Recueil De Poèmes Layènes : « Pour lui d’ailleurs, son talent de compositeur, lui a été insufflé par la puissance spirituelle de son maitre direct El hadji Abdoulaye Thiaw. Il révèle en effet qu’il n’a jamais fréquenté aucune école, qu’il est resté illettré jusqu’au jours où El Hadji Abdoulaye lui apprit à lire un poème arabe. L’inspiration lui vint alors et il se mit à composer à son tour ». Avec un répertoire poétique riche de près d’une centaine de poèmes, Mamadou Lahi Ndir aura bercé notre enfance, notre vie en général, par des textes et des chants qui ont fait la joie de plusieurs générations de fidèles Ahloulahi. Dans ces poèmes les termes et phrases en langue arabe se fondent dans le wolof maternel.
En marge de ses activités de poète, Mamadou Lahi Ndir fera partie de cette équipe de privilégiés qui vont accompagner le « Général » Baye Aboo dans sa grande mission de diffusion du message de Seydina Limamou Lahi (asws) à travers ce pays et dans le reste du monde. Aux côtés des feux Oustaz Magoum Keur, Baye Issa Ndiaye, El Hadji Papa Ndoye, etc., il va accompagner Serigne Ablaye par sa voix unique dans tous les ‘’jang’’ en tant que chanteurs religieux officiels de la communauté. Mamadou Lahi Ndir maitrisait les poèmes de Cheikh Ahmad Bamba (Mawâhibu, Sindidi, Jazbul Khouloûb, etc.). Il était aussi connu pour être un spécialiste des écrits de Cheikh Sidi Hadji Malick notamment célèbre « Khilâthu Dhahab » – proximité avec Tivaouane me diriez-vous – à telle enseigne qu’en l’entendant chanter on aurait dit, grâce à son timbre de voix, qu’il était un chanteur Tidiane. C’est sans doute sa parfaite maitrise des écrits de ces grands auteurs de ces ouvrages qui lui avait facilité davantage sa proximité, mieux sa complicité avec le plus célèbre prédicateur de la communauté Ahloulahi.
Serigne Ablaye pour ne pas le citer était friand des écrits de ‘’Borom Touba’’ et de ceux du chef de file de la Khadra de Tivaouane – c’était un secret de polichinelle d’ailleurs – dans tous les évènements religieux qu’il animait il ne manquait jamais d’en citer des vers qui aromatisaient ses délicieuses causeries. Ainsi, durant les soirées de Gamou, Yoff se transformait en capitale de l’Islam dans la mesure où Serigne Ablaye convoquait les écrits de ces grands poètes ayant tous chanté les mérites de l’élu (psl). A l’occasion, Mamadou Lahi Ndir et le reste de l’équipe de ‘’jang kat’’ attitrés du Général chantaient déclamaient des vers émanant des panégyriques à la gloire de « Boroom barieeru Urus ba ca Madina » composés par Cheikh Ahmad Bamba, Cheikh Sidi Hadji Malick et même de Cheikh Abdoul Khadir Jeylani ou encore Cheikhna Cheikh Saadbouh. Et pendant qu’ils les prononçaient ces vers un a un, Serigne Ablaye, dans sa pédagogie, les décryptait avec une adresse époustouflante. Qui ne se rappelle pas encore du duo entre Mamadou Lahi Ndir et son maitre, le « Général », à l’occasion des « Jangi Kayar » quand il lui chantait « In râma hilman, aw râma ghunman, aw râma zulman, bâghî likhaa i » du poème « Mawâhibu Nâfi’ » ou encore et que celui-ci traduisait. On aurait dit que El Hadji Mamadou Lahi Ndir se mettait dans la peau d’un mouride Saadix quand il chantait les écrits de Khadimou Rassoul ou encore d’un bon talibé Cheikh quand il citait Mame Maodo. On se rappelle quand il chantait « Khilaas » et qu’il arrivait au passage : layla l-‘arûbati halla d-duru fî rajabin thumma l-munâdî yunâdî musmi ‘a l-fahimi ».
Ses nobles activités de chanteurs religieux de la communauté Ahloulahi, qui lui avait entrainé succès, gloire et notoriété, il n’en avait pas fait un moyen pour gagner sa vie. Au contraire, il s’était trouvé une profession d’employé transitaire au port de Dakar. Parmi ses poèmes on peut citer quelques-uns :
-L’hommage à Serigne Ablaye
Mamadou Lahi Ndir a composé plusieurs poèmes en l’honneur de son maitre Serigne Ablaye et dans tous les autres poèmes qu’il a eu à composer de sa vie, il l’a toujours cité. A titre d’exemple, le premier poème qu’il lui a dédié est le suivant (je cite juste quelques vers pour chaque poème par soucis d’espace) :
Ñi ñu kay meengool du seen maas,
Baay ba Yonnent, Maam ja Yonneent
Abdulaay « huwa nooru diinee »
Dans un autre poème en hommage à Serigne Ablaye on peut retenir ces vers :
Abdulaay su ko neexoon
Ruuh gu rot mu ni cas jël
Yobbu jannatu Baay Laay
Maam ja moo di Yonnen ba
Parmi les poèmes composés en l’honneur de Seydina Limamou (asws), j’ai choisi de partager celui-ci qui semble être parmi les premiers produits comme le montre le premier ver :
Maam Libaas, da ne Yàllaa ma yónni, maa jara àndal
‘’Insu wal Jinny’’ ñëw leen nu jaamu, naani ca Tuubee
Al hamdu li Laahi
‘’Santaral’’ bi ci biir rééw mi lampa yépp la leeral
Sap ‘’kuran’’ ku ci taalul du leer le, yaa di Yonnen ba
Almadies nga fa Njiin, Mahdiyoo di tur wa ci baatin
Moom la tiim di ‘’siñaale’’, te naan Yonnen ba, ca bééñ ba
Al hamdu li Laahi
‘’Kapitaal’’ ba la Buur Yàlla far ‘’palaase’’ fa Baay Laay
Lu jaraafa ki Buur, Yàlla déj na leen fa Yonnen ba
Al hamdu li Laahi
Il y a aussi celui-ci qui pourrait être intitulé : « La reconnaissance envers Serigne Mamour Diakhaté» :
[Ce poème était une sorte d’hommage à son maitre, celui qui, quelques années auparavant lui avait offert le wird Layène avant de lui donner une orientation].
A la fin de ce poème marquant la gratitude à Serigne Mamour qui venait de décéder, le poète en profita pour exprimer son allégeance auprès du Khalif de l’époque qui venait d’être nouvellement élu à la tête des Ahloulahi, El Hadji Seydina Issa, en ces termes :
Seydinaa Manjoon sa baay
Maam Limaamu Laay sa maam
Te ñu dupee la Ruuhu Laahi
Ngay « jamaŋ » ci diiné ji
Yaa toogal Limaamu Laay
Fi Isaak Manjoon ne woon
Yaa ràngoo meteel yi koon
Kay yaay samsu diiné ji
Rééw mi jàmma fiy fanaan
Maam Limaamu Laay sa maam
Moo fi ñaan salaamatan
Moo di samsu diiné ji
(Autrement dit « tu es ‘’L’Homme au Deux Amâmah’’ (turbans), un blanc au-dessus duquel un turban noir représentant la race noire. Voici nos couleurs en l’Islam »).
Écrit par: soodaan3
MALIKA SEYDINA EL HADJI ABDOULAYE THIAW LAHI
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