LE MAHDI

03 LE MAHDI POURQUOI & POUR QUOI : APPROCHE ANALYTIQUE DU VERSET 3 DE LA SOURATE 5 (2ÈME PARTIE)

today10 septembre 2020 5

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L’approche sémantique du verset 3 de la sourate 5

La série « LE MAHDI POURQUOI & POUR QUOI » traite de l’avènement de l’imam al-Mahdi (psl). Dans la 2ème et précédente partie, il a été question d’une approche analytique du verset 3 de la sourate 5 sourate al Ma’idah (sourate 5 du saint Coran). Oustaz Mouhamadou Mahdiyou LAHI y a étudié ce verset des deux points de vue morphologique et sémantique. Du point de vue morphologique, celui qui est également connu sous le nom de Macalou Cissé Lahi nous a expliqué les deux grands ensembles qui composent ce verset.

En effet, il comprend une phrase de base constituée d’une prohibition (avec les réserves de cette même prohibition) et deux propositions incidentes. C’est-à-dire insérées à l’intérieur de la phrase de base.

En ce qui concerne le sens, il est question dans la phrase de base de prohibition c’est-à-dire d’interdit. Une interdiction motivée avec les cas dans lesquels une dérogation est apportée ou peut être apportée à l’interdiction et dans quelles conditions.

Nulle part ne s’y trouve justement un élément qui s’opposerait à l’avènement du Messager ou d’un messager puisqu’il s’est agi de prohibition avec une dérogation de manière particulière et une dérogation générale. La dérogation particulière concerne ces bêtes qui ont été tués par des animaux sauvages.

Puisque la réserve c’est « illa maa zakkaytoum ». Lorsque la bête concernée a été attaquée par un animal sauvage, lorsque nous avons le temps d’achever la bête en prononçant donc le nom d’Allah sur la bête, elle devient licite. Ça c’est une particularité dans l’interdiction générale. Mais il y a le cadre général. Cela veut dire que ce soit dans ce cas-ci ou dans tous les autres cas précités, lorsqu’il y a un risque de perte de vie alors dérogation est accordée dans les conditions énoncées dans l’émission précédente.

Il est, donc, ici, simplement question de prohibition, de dérogations. De la même manière lorsqu’on considère les deux propositions incidentes, il est question, toujours à titre de rappel, de désespoir, celui des mécréants et d’achèvement. On peut se demander d’ailleurs s’il n’y a pas un lien entre le désespoir des mécréants et l’achèvement de la religion. C’est ce que oustaz Macalou Lahi explicite dans le 3ème numéro de la série.

En réalité, lorsqu’on parle du désespoir des mécréants, on commence par le terme « Al Yawma ». De la même manière, lorsqu’on parle de l’achèvement de la religion le terme utilisé c’est aussi « Al Yawma ». Ici « Al Yawma akmaltu », là-bas, « Al Yawma Yaissal ladjina kafaru ». Voilà pourquoi il est intéressant de se demander d’abord s’il n’y a pas un lien entre ces deux « Al Yawma ». Et qu’il n’y ait pas de lien serait étonnant parce que, d’abord, les deux propositions se suivent. Il n’y a rien entre les deux propositions mais ensuite, comme le souligne Macalou Lahi, tous les deux commencent par le terme « Al Yawma ».

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A priori donc, on est tenté de penser qu’il y a forcément un lien entre ces deux. Et, effectivement, il y a un lien. Mais, arrêtons-nous justement à ce terme « Al Yawma » qui veut dire « aujourd’hui ». Cela veut tout simplement dire que ce n’est pas « hier ». Cela veut dire aussi que ce n’est pas « demain » mais c’est précisément « aujourd’hui ». Mais pourquoi « aujourd’hui » ? Qu’est-ce que ce jour, le jour de la révélation de ce verset, qu’est-ce qu’il a de particulier pour que le coran dise qu’il s’agit de ce jour?

D’autant qu’Attaab, le gouverneur nommé de La Mecque, à l’an VIII, l’année de l’ouverture de La Mecque, sur les instructions de Muadh ibn Jabal, à qui le Rassoul (psl) avait confié Ataab, a observé le pèlerinage avant le Rassoul (psl). Ça c’était en l’an VIII, l’année de l’ouverture de La Mecque puisque La Mecque a été ouverte en l’an VIII de l’hégire et au mois de ramadan, donc bien avant le mois du pèlerinage. Cette année-là, le Rassoul (psl)  avait la possibilité de faire le pèlerinage. Il ne l’a pas fait.

Peut-être que certains musulmans ignorent que des musulmans ont observé le hadji avant le Rassoul. Ce qui est un paradoxe puisque, le Rassoul étant le modèle, on s’attendrait à ce que, justement, comme dans toutes les pratiques, qu’il soit le premier à observer la pratique mais ici Attaab, le gouverneur de la Mecque, et ceux qui étaient avec lui ont observé le pèlerinage avant lui.

En l’an IX, le Rassoul n’était absolument pas empêché. Il a pourtant demandé à Abou Bakr de guider la caravane pour le pèlerinage. La preuve, d’ailleurs, c’est que pendant qu’Abou Bakar As Siddiq était sur le chemin du pèlerinage, Allah (swt) a révélé à son messager (psl) les 30 premiers versets de la sourate At-Tawbah (le Repentir). Et il a été demandé justement à Alioune Abi Talib de lire ces 30 premiers versets de cette sourate.

Justement, à Arafat, or le Rassoul lui-même enseigne « Al Hadjou Arafat » parce que dans le petit pèlerinage, dans la « Oumra », il n’y a pas de présence à Arafat, il n’y a pas de station d’Arafat. Quand vous parlez « station d’Arafat », vous parlez « pèlerinage » tant et si bien que le Rassoul a dit « Al Hadjou Arafat »« le Hadji, c’est Arafat ». Ce qui, soit dit en passant, signifie que tout ce qui est antérieur à Arafat, est, en fait, préparatoire d’Arafat. C’est une préparation d’Arafat. Mais tout ce qui est postérieur à Arafat est un commentaire, une explication de ce qui s’est passé à Arafat. On va dire, sous une forme plutôt codé.

Donc, Abou Bakr As Siddiq a observé le pèlerinage, le Hadji lui-même, avant le Rassoul. Le Rassoul n’a observé le Hadji qu’un an après Abou Bakr, c’est à dire la dixième année de l’hégire. Le Rassoul n’a observé d’ailleurs, il faut le dire, que son seul Hadji parce que souvent on entend parler de ce Hadji de l’adieu comme s’il y aurait d’autres Hadji. En réalité, le Rassoul n’a observé le Hadji qu’une seule fois pendant toute sa mission. C’était un indice et il y a des raisons. Nous reviendrons sur celles-ci au cours de nos prochaines émissions… Mais, donc, pour en revenir à notre verset, il y a un mot qui semble extrêmement important parce que, d’abord, répété. Le mot « Al Yawma » qui revient deux fois.

Mais, ensuite, parce que ce n’est pas n’importe quel jour. C’est un jour de Hadji. Ce n’est pas n’importe quel jour de Hadji. C’est le jour dont le Rassoul (psl) dit que c’est le Hadji « Al Hadjou Arafat ». Il faut, donc, retenir que ce jour, le jour de la révélation, c’est un jour de pèlerinage d’abord mais c’était justement le jour d’Arafat : le neuvième jour du mois « Dhu al-Hijjah ». Ce n’est pas n’importe quel jour dans la semaine. C’était un vendredi. C’était le jour de la station d’Arafat, donc « Dhu al-Hijjah » et nous sommes en l’an X. Comprendre « Al Yawma » dans le verset, c’est comprendre pourquoi c’est le vendredi que le verset a été révélé. Pourquoi ? C’est pendant que le Rassoul (psl), Mouhamed ibn Abdallah, était à Arafat que ce verset a été révélé.

Pourquoi ? C’est justement en l’an X que le Rassoul a observé le pèlerinage. C’est là une donnée importante que de considérer ce terme « Al Yawma ». Parce que ce n’est pas le jour où Abou Bakr As Saddiq était à Arafat. Non ! C’est le jour où Mouhamed (psl) y était. Ce n’est pas le jour où Attab était à Arafat. Non ! C’est le jour où Mouhamed (psl) y était. Ce n’est pas le jour où votre serviteur ou peut-être vous, si vous avez déjà observé le pèlerinage, où vous avez été à Arafat. Non ! Ce n’est ni avant ce jour ni après ce jour. Aujourd’hui ce n’est ni hier ni demain. C’est aujourd’hui.

Or la particularité de ce jour lorsqu’on le compare avec le Hadji d’Abou Bakr ou d’Attab c’est que lorsque Abou Bakr et Attab se présentaient à Arafat, ce n’était pas le vendredi. Cela veut dire qu’on a l’impression que le Rassoul (psl), certainement sur instruction d’Allah, attendait l’année où le jour d’Arafat serait un vendredi pour aller en pèlerinage. Parce qu’Allah (swt) aurait très bien pu attendre la dixième année pour donner instruction d’observer le pèlerinage. Il ne l’a pas fait. L’instruction du pèlerinage est apparue en l’an VI.

Et là, je vous renvoie à sourate Al Baqara, c’est-à-dire la sourate 2 du saint Coran en son verset 196 justement qui précède le verset où Allah fait du Hadji des mois alors que le Rassoul (psl) en fait un jour : le jour de la station d’Arafat. Le terme « Hadja » c’est-à-dire le grand Pèlerinage y est prononcé avant la Oumra… dit Allah (swt). C’est à partir de ce moment que l’instruction a été donnée. Et cette année-là, le Rassoul (psl) a pris la résolution d’aller à La Mecque. Mais, bizarrement, il n’a pas formulé l’intention d’un « grand pèlerinage ». Il a formulé l’intention d’un petit pèlerinage, d’une Oumra. Cette année-là, il n’a pas pu réaliser ce petit pèlerinage, sa Oumra. Du fait de l’opposition justement des Mecquois. C’est l’année du pacte de Hudaybiya. C’est à cette occasion que les Mecquois et le Rassoul (psl) ont convenu de ce que le Rassoul viendrait l’année d’après. C »est à dire en l’an VII. Et que cette année-là, ils quitteraient, eux, La Mecque, le temps que le Rassoul et ses compagnons fassent leur Oumra.

C’est ce qui s’est passé cette année-là. Et l’an VII, le Rassoul a observé encore une Oumra. En l’an VI, déjà, dans son intention – même s’il n’a pas pu réaliser son intention – dans son intention, il ne voulait pas observer le pèlerinage. Il a formulé l’intention d’une Oumra, en l’an VII. Et il a observé une Oumra. Pas de pèlerinage, pas de présence à Arafat.

En l’an VIII, l’année de l’ouverture, le « Fathu Makkah », l’année de la prise de La Mecque, il s’y est passé quelque chose d’assez particulier, d’assez particulier parce que le Rassoul avait déjà enseigné qu’un petit pèlerinage, une « Oumra » observée pendant le mois de ramadan, lorsqu’il est agréé, ce n’est plus une Oumra, ce n’est plus un petit pèlerinage. C’est un Hadji. Or, cette année-là, la prise de La Mecque a été effectuée le 21 ramadân. C’est l’anniversaire de la prise de La Mecque. C’était donc le moment idéal pendant des jours : le 21, le 22, le 23, le 24, le 25, le 26, le 27, le 28, le 29 et le 30.

C’était l’occasion, pendant vingt jours, pour le Rassoul, d’effectuer autant de Oumra qu’il aurait voulu. Il n’en fit rien. L’impression que ça laisse, c’est que le Rassoul évitait d’observer le Pèlerinage, déjà prescrit pourtant par Allah (swt), depuis trois ans… Cela veut dire qu’il faut chercher la raison pour laquelle le Rassoul (psl) semble éviter coûte que coûte d’observer le pèlerinage pour comprendre peut-être pourquoi Allah puisse dire, ici, « Al Yawma Akmaltou ». Parce que lorsqu’on observe le jour d’Arafat, pendant ces années-là, justement, ce n’était pas un vendredi.

Voilà pourquoi il faut tenir compte de ce vendredi qui est extrêmement important dans cette partie du saint Coran. Dans cette partie du verset 5 de la sourate Al-Maidah. Voilà pourquoi le Coran, à mon sens, insiste sur ce terme. Il insiste en disant « Al Yawma ». Et il répète le terme « Al Yawma ».

Mais, justement, le Rassoul, non seulement, il n’a pas observé la Oumra pendant ce mois… Non ! Alors que c’est le meilleur des mois pour la Oumra. Il n’a pas observé. On a l’impression, disais-je donc, qu’il évite que sa Oumra ne soit comprise comme un grand pèlerinage, comme une règle. Puisqu’il a déjà dit que lorsque la Oumra est agréée pendant le mois de ramadan, ce n’est plus une Oumra… C’est un Hadji. Et l’an IX, le Rassoul n’a aucun empêchement. En tout cas, ce n’est pas signalé par les chroniqueurs. Pourquoi ne pas aller observer le pèlerinage ? Non ! Alors, pourquoi ne pas demander aux musulmans d’observer le pèlerinage ?

Il ne l’a pas fait. On comprend ça parce que la prescription en avait été donnée par Allah (swt), depuis quatre ans. Il ne pouvait pas interdire aux musulmans d’honorer une prescription qu’il a donné, lui-même… C’est le premier des musulmans. Pourquoi ne va-t-il pas l’observer ? En tout cas, il ne l’a pas observé. Il a désigné Abou Bakr chef de mission pour amener justement les musulmans de Médine à La Mecque, observer justement le pèlerinage que lui-même n’observe pas. Voilà pourquoi il faut s’arrêter à ce « Al Yawma » parce qu’encore une fois, on a l’impression qu’Alllah, qui a mandaté son Messager, serait en train d’attendre quelque chose. Or, dans ce verset, il dit n’attendait-il pas le moment où la station d’Arafat serait le vendredi. Mais maintenant, vous me direz, il aurait, alors, pu attendre, Allah (swt), la dixième année pour prescrire le hadj. Mais, non ! Simplement parce que, là, on n’aurait pas remarqué qu’il a fait faire à d’autres, avant le Rassoul (psl), qu’il a fait faire observer le Hadji.

Voilà pourquoi, chers amis, votre serviteur vous convie, dans l’émission à venir, à voir comment il faut comprendre ce « Al Yawma » pour comprendre peut-être autre chose que ce qu’on a cru comprendre. C’est-à-dire qu’il s’agit ici d’une interdiction de toute mission.

D’autant que trois mois après Arafat, exactement 80 jours après Arafat, Allah (swt) révèle un autre verset alors que la religion est déclarée achevée.

Transcrit du N°03 de l’émission « LE MAHDI POURQUOI & POUR QUOI »

Par Sélou Laye BA

Écrit par: soodaan3

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