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TRIBUNE DU VENDREDI N°72 : Un point de vue sur la célébration de l’anniversaire de l’Appel de Seydina Limamou Lahi (ASWS)

today25 mars 2022 44

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UN POINT DE VUE SUR LA CÉLÉBRATION DE L’ANNIVERSAIRE DE L’APPEL DE SEYDINA LIMAMOU LAHI (ASWS)

Depuis le 5 juin 1981 marquant le centenaire, la communauté Ahloulahi célèbre l’anniversaire de l’Appel de son fondateur, le saint-maitre Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (asws). Voilà donc plus de quarante ans que nous organisons cette commémoration qui, aujourd’hui, est devenue le plus grand évènement religieux de la communauté Ahloulahi et l’évènement phare de la région de Dakar en même temps.

C’est donc l’occasion de marquer une pause pour faire un bilan de ces plus de quarante de célébration, revoir le format, l’adapter aux exigences de l’heure pour une meilleure diffusion de la mission universel de Seydina Limamou Lahi (asws). Pour l’occasion, un bref plongeon aux origines de la célébration de l’Appel serait utile.

Quand le déterminé troisième Khalif El Hadji Seydina Issa Lahi décida de célébrer, pour la première fois de l’histoire de notre communauté, l’anniversaire de l’Appel de Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (asws) – au centenaire de l’Appel – c’était dans le but disait-il « de faire connaitre ou rappeler son grand-père (asws), sa mission et son message plein d’enseignements aux gens de cette époque moderne (le 15ème siècle de l’hégire) et des époques à venir ». El Hadji Seydina Issa Lahi, communément appelé « Baye Seydi Thiaw Lahi » venait d’avoir 66 ans qui correspondent aussi à l’âge qu’avait son grand-père Seydina Limamou Lahi (asws) quand il quitta ce monde à la fin de sa seconde mission en 1909. Cela montre que sa décision de célébrer les cent ans de l’Appel n’était pas fortuite, mais ne fut qu’une continuité de la mission de Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (asws). La commémoration avait tenu sur une seule journée et a débuté par une séance de prières dans la matinée à Ndingueuleu suivie d’une cérémonie d’ouverture à Cambérène. Dans l’après-midi une cérémonie officielle a été organisée à Yoff. Elle avait enregistré la présence du premier ministre de l’époque, feu Habib Thiam, accompagné de quelques ministres dont Mamadou Diop (ministre de la Santé Publique), Alioune Badara Mbengue (ministre de la Justice, Garde des Sceaux) de son gouvernement (notamment feu Serigne Lamine Diop venu représenter le président de la République et l’Etat du Sénégal.

Le corps diplomatique était représenté par les ambassadeurs du Japon, de la Chine, du Kampuchéa démocratique, le représentant-général de l’Ordre de Malte, des chargés d’affaires des Républiques de Mauritanie et d’Ethiopie. Les familles religieuses du pays étaient aussi bien représentées. Le message de bienvenue du Khalif était prononcé en trois langues : en arabe par El Hadji Mouhamadou Sakhir Gaye (Imam Ratib de Yeumbeul), en français par El Hadji Seydina Issa Lahi Diop (secrétaire particulier du Khalif) et en wolof par le coordinateur et porte-parole de la communauté à savoir Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw Lahi. C’était une occasion d’adresser les salutations, le message de gratitude et de remerciement du Khalif mais aussi pour rappeler la mission et le message de Seydina Limamou Lahi, prétexte de la commémoration. Pour boucler la journée un cocktail en l’honneur des délégations officielles venues répondre à l’invitation du Khalif était organisé aux bords de la plage de Yoff dans un cadre convivial.

La grande attraction que suscita la célébration du centenaire de l’Appel avait permis au troisième Khalif de réussir son objectif dès la première édition. En effet, aussi bien la presse orale (représentée par le géant ORTS de l’époque) et écrite (notamment le journal « Le Soleil ») avait couvert cette première célébration de l’Appel. La diffusion des premières images de la célébration du centenaire montrant des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants tous de blanc vêtus, cantonnant en chœur et dans une ferveur religieuse jamais vue ailleurs, les louanges du Seigneur, avait entrainé un raz de marée de nouvelles adhésions à la communauté Ahloulahi. Dès le début, El Hadji Seydina Issa Lahi avait voulu que la célébration se fît sur deux jours pour mieux marquer l’évènement. Mais son entourage, assez prévenant, lui conseilla de le célébrer sur un seul jour pour ne pas trop fatiguer les fidèles avec les importantes charges que cela aurait pu entrainer.

Pourtant la même année, un concours de circonstances montra que le format des deux jours était plus adapté et donc nécessaire. C’est pourquoi le format de célébration changea dès le 101ème anniversaire avec une célébration organisée sur : deux jours avec les mêmes étapes que l’année précédente (Ndingueuleu, Cambérène et Yoff). Cela entraina un changement dans le déroulement des festivités : un démarrage à Ndingueuleu dans la matinée du premier jour suivi d’une cérémonie d’ouverture à Cambérène. L’une des particularités de ce nouveau format, c’est, d’abord, l’introduction du pèlerinage à la grotte sacrée de Ngor dans l’après-midi du premier jour et d’une cérémonie de « ziarra » au lieu saint de Diamalaye à Yoff devant le mausolée du saint-maitre (asws) dans la matinée du deuxième jour. Cette étape coïncidant au même « yoor-yoor » où Seydina Limamou Lahi avait lancé son Appel, est sans nul doute le moment plus déterminant de la commémoration. Dans l’après-midi se tenait la cérémonie officielle réunissant les fidèles de la communauté avec à leur tête le Khalif et sa famille et les délégations officielles (représentants de l’État, corps diplomatique, délégations de familles religieuses du pays, etc.) Et c’est ce format appliqué à l’occasion du premier anniversaire après le centenaire (le 101ème en 1982 plus précisément) qui prévaut depuis lors.

Or, aujourd’hui, la célébration de l’Appel a atteint des proportions exceptionnelles, son paroxysme-même et continue de gagner progressivement en envergure n’en déplaise aux négateurs. À la place des deux jours de célébration c’est maintenant presque une semaine dans la mesure où les pèlerins commencent à assiéger les sites de Yoff et Cambérène au moins deux jours avant et restent encore au moins deux jours après l’évènement. Ce qui induit la nécessité de tenir des discussions sérieuses et stratégiques pour une meilleure prise en compte de la dimension actuelle de la célébration de l’Appel d’une part et de revoir le format d’autre part.

Par ailleurs, la mission prophétique de Seydina Limamou (asws) et son message posent encore un problème aux plus récalcitrants des prétendus ulémas des temps modernes dont les plus teigneux et les moins ouverts d’esprit, d’ailleurs, pullulent sur les plateaux de télé ou des chaines en ligne pour s’opposer de manière aussi subjective que violente à la doctrine Ahloulahi. C’est en considération de toute cette donne que nous avons voulu partager cette réflexion sur la refonte ou le besoin crucial de réorganiser ou réadapter tout simplement la commémoration de l’Appel.

La problématique de la communication autour de la mission et du message du saint-maitre, nous impose la nécessité d’organiser un colloque ou un symposium annuel en prélude à la célébration de l’Appel. Cela permettrait de convier toute la oumma islamique à venir découvrir Seydina Limamou Lahi (asws), à partager leurs interrogations sur le sujet et enfin à échanger avec les érudits de notre communauté. Cela nous donnerait une opportunité pour éclairer l’opinion sur le statut de l’Imam Al Mahdi (asws), démontrer la logique et la véracité de la mission prophétique de Seydina Limamou Lahi (asws) et de battre en brèche, sur la base d’arguments solides et objectifs, les croyances populaires infondées et brandies à tout bout de champs par les négateurs. À titre d’exemple l’argument fallacieux selon laquelle « Il n’y aura aucun prophète après Seydina Mouhamad (asws) ».

Pour les éditions suivantes, le thème pourrait être tiré des enseignements de Seydina Limamou Lahi (asws) pour mettre en exergue leur caractère irréfutable de « Solutions aux nombreux maux de le Fin des Temps ». À ce propos, des thèmes traitant de l’enrichissement illicite, du droit de la femme et des enfants, du rôle de l’éducation, ou les principes de la justice et de l’équité sociales et de la lutte contre le système de hiérarchie sociale (système de caste principalement) tels que promus par le saint-maitre Seydina Limamou Lahi (asws) pourront être choisis pour mettre en lumière la pertinence et l’exhaustivité de son enseignement. Par exemple : « Le rôle de l’Éducation dans la lutte contre l’extrémisme : la méthode prônée par Seydina Limamou Lahi (asws) » pourrait montrer au monde que Seydina Limamou Lahi avait déjà apporté la solution depuis 1883-1884. Des spécialistes toutes branches confondues (théologiens, jurisconsultes, exégètes, spécialistes du Hadith, sociologues, psychologues, médecins, biologistes, etc.) toutes confessions religieuses confondues pourront être expressément conviés à prendre part aux travaux du colloque/symposium pour s’assurer du cachet scientifique et de l’objectivité des travaux sur le sujet.

Les restitutions des travaux scientifiques et des échanges effectués au cours de ce colloque ou ce symposium annuel pourront être faites au cours des différentes étapes de la célébration (à la cérémonie d’ouverture à Cambérène, au pèlerinage à Ngor et à la cérémonie principale du « Yoor-Yoor » de Yoff). Les conclusions globales pourront être restituées lors de la cérémonie de clôture au deuxième jour de la commémoration de l’Appel devant les représentants de l’État, du corps diplomatique et des familles religieuses.

Les pistes d’amélioration n’ont pas été exhaustives au cours de cet exposé pour éviter d’être trop long. Elles seront toutefois consignées dans un document plus détaillé adressé à qui de droit.

La célébration de l’Appel doit être une aubaine, une occasion pour la communauté Ahloulahi, pour ses localités et globalement les communes sous l’autorité spirituelle du Khalif Général des Layènes à savoir Yoff, Ngor, Ouakam, Cambérène, Parcelles Assainies, Golf, Guédiawaye, Yeumbeul, Malika, etc. – de tirer profit au maximum des avantages offerts par l’État central. Elle doit être une occasion pour leur permettre de présenter au chef de l’État et aux différents départements ministériels leurs doléances, leurs projets de construction d’infrastructures routières, d’hôpitaux, d’écoles, de lycées, etc. au grand bonheur de leurs administrés. Cela contribuera à mieux moderniser les cités religieuses de Yoff et Cambérène tout en entrainant le développement des localités périphériques par un effet de ruissellement.

Par Chérif Alassane Lahi Diop « Sibt Sâhibou Zamâne »,
Analyste politique et économique,
Expert en Commerce et Management des Affaires Internationales,
Aspirant-disciple parmi les Ahloulahi,
Secrétaire Général de Vision 129.

Écrit par: soodaan3

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