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LES DERNIERS JOURS DE SEYDINA LIMAMOU LAHI (ASWS) : 1ère partie

today26 mars 2026 40 5

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[Voici le premier de la série de textes relatant les derniers jours du saint-maître Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (asws)] :

EN ROUTE VERS LA COMMEMORATION DU RAPPEL A DIEU DE SEYDINA LIMAMOU LAHI AL MAHDI (ASWS) PRÉVUE DANS LA NUIT DU 2 AU 3 AVRIL 2026
***

Lors du mois de ramadan de l’an 1909, les fidèles ont jeuné 30 jours complets comme c’est le cas pour la majorité des musulmans de ce pays en cette année 2026. Au milieu du mois de ramadan de l’an 1327 (1909), le saint-maitre sentant sa fin assez proche, après 26 ans de mission, chargea ses scribes dont Serigne Makhtar Lo de rédiger des correspondances destinées à tous les coins du pays où vivaient ses fidèles afin de les inviter à venir tous avec leurs familles respectives prendre part à la prière de Korité.

Et malgré le poids de la maladie qui l’avait gagné depuis quelque temps et qui s’accentuait de jour en jour – d’ailleurs avait-il jamais pu vivre un seul moment de répit au cours de sa vie sans sentir aucune peine, aucune douleur ? – il décida de prendre part à la prière de Korité, celle qui allait être la dernière qu’il présiderait au cours de sa vie terrestre. Et les fidèles tous prompts à répondre à l’invite de leur guide composèrent :

𝙆𝙖𝙖𝙮 𝙡𝙚𝙚𝙣 𝙘𝙞 𝙟𝙪𝙡𝙡𝙞 𝙜𝙞
Ñë𝙬 𝙡𝙚𝙚𝙣 𝙣𝙪 𝙟𝙪𝙡𝙡𝙞 𝙟𝙞
𝘽𝙖𝙖𝙮 𝙇𝙖𝙖𝙮 𝙖 𝙬𝙤𝙤𝙩é
𝙇𝙖𝙖 𝙞𝙡𝙖𝙖 𝙞𝙡𝙖𝙖𝙡𝙖𝙝

Le matin de la korité tant attendue, de très bonne heure, il porta ses plus beaux habits de couleur blanche et arbora ses deux turbans blanc et noir ; symboles de ses deux missions (chez les arabes, puis auprès du peuple noir). Sous le poids de la maladie le saint-maitre (asws) se déplaçait difficilement pour rejoindre le lieu de prière au bord de l’Océan Atlantique. À l’époque son fils aîné et futur successeur Seydina Issa Rohoulahi (as) était absent des lieux car parti en exil trois ans sur ordre de son illustre père. Pour regagner le lieu de prière, le saint-maitre dut s’appuyer sur les épaules de son fils Seydina Mandione Lahi et de son fidèle disciple Cheikh Makhtar Lô pour garder l’équilibre en quittant son domicile.

Dans une autre version l’on rapporte que c’est plutôt Seydina Mandione Lahi et un autre disciple du nom de Abdoulaye Diouf qui l’ont soutenu. Quoi qu’il en soit, le Cheikh Makhtar rapporte dans son ouvrage biographique intitulé « 𝗕𝘂𝘀𝗵𝗿𝗮𝗹 𝗠𝘂𝗵𝗶𝗯𝗯î𝗻𝗮 𝘄𝗮 𝘁𝗮𝘆𝗾î𝘇 𝗮𝗹 𝗝â𝗵𝗶𝗹î𝗻𝗮 » qu’une fois sorti de son domicile, le saint-maitre (asws) s’arrêta un instant à cause de l’intensité de la maladie et déclara devant la foule de fidèles venus l’accompagner :
« 𝑺𝒊 𝒍’𝒐𝒏 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒅𝒊𝒔𝒂𝒊𝒕 𝒒𝒖’𝒖𝒏 𝒎𝒐𝒓𝒕 𝒑𝒆𝒖𝒕 𝒅𝒊𝒓𝒊𝒈𝒆𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒓𝒊è𝒓𝒆, 𝒄𝒆𝒍𝒂 𝒑𝒂𝒓𝒂î𝒕𝒓𝒂𝒊𝒕 é𝒕𝒐𝒏𝒏𝒂𝒏𝒕, [𝒎𝒂𝒊𝒔] 𝒋𝒆 𝒍𝒆 𝒋𝒖𝒓𝒆 𝒑𝒂𝒓 𝑫𝒊𝒆𝒖, 𝒋𝒆 𝒔𝒖𝒊𝒔 𝒖𝒏 𝒎𝒐𝒓𝒕 ».

Le célèbre biographe Serigne Makhtar Lo rapporte que le saint-maitre (asws) s’arrêta une deuxième fois mais cette fois-ci à hauteur de la mosquée qu’il avait érigée et répéta encore : « 𝙈𝙤𝙞, 𝙟𝙚 𝙨𝙪𝙞𝙨 𝙪𝙣 𝙢𝙤𝙧𝙩 » (« 𝘼𝙣â 𝙟𝙖𝙣â𝙯𝙖𝙩𝙪𝙣 »). Les fidèles qui l’accompagnaient, soudain gagnés par la tristesse à la suite de ces propos si singuliers du saint-maitre (asws), ne manquèrent de verser de chaudes larmes. Pour autant ils ne pensèrent guère que cette fois-ci cette maladie allait emporter « Sanga Bi » à jamais. Car, combien de fois avait-il été très malade et s’en était remis miraculeusement par la suite ?

Au beau milieu de ce cortège à la blancheur immaculée, Seydina Limamou Lahi (asws) brillait comme un astre, mieux encore comme un soleil en pleine nuit, sous le rythme des « Lâ ilâha illâ Allah » entonnés en chœur par la foule de fidèles suivant le même air avec lequel on accompagne les défunts parmi les Ahloulahi. Arrivé au lieu de prière, il faillit s’évanouir car complètement essoufflé par les gros efforts qu’il avait courageusement fournis pour atteindre le lieu de prière. On dut alors le ventiler pour lui refroidir le corps un peu …

À suivre.

Chérif Alassane DIOP LAHI

PS. Sur la photo on peut voir le deuxième Khalif Seydina Mandione Lahi fils de Seydina Limamou Lahi (as). Derrière lui on peut remarquer son frère cadet Seydina Ababacar Lahi et d’éminents disciples à limage de l’Imam Mame Babacar Diop (père de Mamadou Malaye Diop et grand-père maternel du Khalif Seydi Mouhamadoul Amine) ou l’imam Mamadou Wade et le poète Serigne Modou Mboup « Al Ghârikhou ».

Écrit par: soodaan3

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