CHRONIQUES

TRIBUNE DU VENDREDI N°176 : QUE COMPRENDRE DU PRÉCIEUX CONSEIL DE EL HADJI SEYDINA ISSA LAHI TEL QUE RAPPORTÉ PAR LE KHALIF SERIGNE BABACAR SY MANSOUR : « Li Baax Matul Kër, Li Bon Matul Kër »

today7 août 2026 3

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Que comprendre du précieux conseil de El Hadji Seydina Issa Lahi tel que rapporté par le Khalif Serigne Babacar Sy Mansour :

« LI BAAX MATUL KËR, LI BON MATUL KËR »

 

[Ce numéro est la suite de la précédente tribune publiée dans le cadre de la commémoration du quarantième anniversaire du rappel à Dieu du troisième Khalif des Ahloulahi, El Hadji Seydina Issa Lahi ibn Seydina Mandione Lahi.]

En cherchant à mieux accéder au sens de ces propos du troisième Khalif des Ahloulahi, El Hadji Seydina Issa Lahi, rapportés par l’actuel Khalif Général des Tidjanes Seydi Ababacar Sy Mouhamadoul Mansour, on a pu comprendre qu’en fait il veut enseigner aux leaders, dirigeants, guides et chefs de famille d’une manière générale comment manager les personnes qui sont placées sous leur responsabilité. Au-delà, celui qui est affectueusement appelé Baye Seydi Thiaw Lahi veut apprendre aux leaders l’endurance et la résilience et le sens du dépassement. D’ailleurs, qui mieux que lui aurait pu prodiguer un tel conseil sur le leadership au début de ce quinzième siècle de l’hégire dont il est le mujaddid ?

Le premier enseignement à tirer de ce précieux conseil qu’il a livré depuis plusieurs décennies déjà est qu’un leader (un responsable d’une manière générale que ce soit en politique, en entreprise, en religion, en famille, dans la société en général, etc.) ne doit rejeter ou exclure aucune des personnes placées sous sa responsabilité (formant son ‘’ndjaboot’’) qu’elles soient bonnes ou mauvaises selon toute appréciation aussi objective soit-elle. Même dans un troupeau il y aura des animaux en bonnes santé et vigoureux tout comme des brebis galeuses et des canards boiteux qui peuvent retarder la bonne marche du groupe. Mais est-ce pour autant que le berger s’en séparera dès qu’il remarque leur handicap, leur faiblesse ? Non ! De la même manière, dans chaque groupe, il y a cette (ou ces) personne(s) spéciale(s), différente(s) qui rame(ent) toujours à contrecourant de la direction prise par la majorité mais cela ne doit pas être un motif d’exclusion pour autant encore moins une raison pour lui ôter son statut de membre à part entière. Et il convient de préciser que la direction prise par la majorité (dans un groupe donné) n’est forcément pas la meilleure tout comme celle prise par la minorité ne l’est pas non plus. C’est cela d’ailleurs qui fait le charme d’un groupe soudé où toutes les opinions sans exception sont prises en compte afin d’en choisir la meilleure. N’est-ce pas souvent dans la diversité, la confrontation saine d’une thèse et d’une antithèse que se constituent les plus belles idées qui ont illuminé le monde ? Le leader aura alors pour rôle de pouvoir rassembler dans un même cadre – le ‘’mbootu’’ dont parlait Baye Seydi Thiaw dans le témoignage de Serigne Babacar Sy Mouhamadoul Mansour (cf. précédente TDV) – aussi bien ceux qu’il juge comme étant de bons membres (ou membres exemplaires) que ceux qu’il considère comme étant de ‘’mauvais’’ membres. C’est Ainsi que de par leurs interactions multiples sous la supervision du leader appuyé sur sa sagesse et sa bienveillance envers tous, que les membres jugés bons vont déteindre sur ceux jugés mauvais et non l’inverse. Et alors, le leader aura participé à aider cette dernière catégorie à devenir meilleur.

Analysé à l’échelle du cadre familial, celui que d’aucuns appellent à raison, eu égard à son immense sagesse, son œuvre colossale ainsi que sa maitrise des affaires et des mœurs de notre époque, ‘’Sangoup Jamono’’ (ou le ‘’Maitre de son Temps’’) nous enseigne que le chef de famille, en tant que berger ne doit bannir aucun de ses enfants (les siens comme ceux des autres qui lui sont confiés ou ceux de ses proches liés par le sang). Ainsi, il y en aura qui ont un caractère fort, bien trempé, qui ne se laissent pas faire facilement tant qu’ils considèrent être du bon côté (celui de la vérité, en l’occurrence), qui n’accepteront pas forcément tout ce qu’on leur impose, et dont le sens de la vérité fait qu’ils ne pourront se terrer dans un silence qu’ils jugent coupable. Mais est-ce pour autant que leur opinion ne doive pas compter? ou encore qu’ils ne méritent plus leur place dans le groupe ? À côtés d’eux il y a aussi d’autres au tempérament plus doux, qui sont disposés à tout accepter, à tout endurer, à supporter et à faire avec tant que cela permet de maintenir la paix et la stabilité. Cette dernière catégorie n’aide pas forcément le leader ou le père de famille à revoir sa copie, combler ses tares, repousser ses limites et parfaire sa conduite. Ceux qui l’aident sont plutôt ceux de la première catégorie – surtout s’ils s’y prennent avec la manière adéquate – qui le poussent dans ses derniers retranchements et lui servent de miroir pour évaluer sa gestion tout en le poussant à s’améliorer, à se parfaire. En effet, un leader avisé qui prend en compte les critiques, les objection et les revendications de ceux qui se présentent comme ses adversaires, se perfectionnera pour devenir encore meilleur. Toutefois, il faut aussi définir la forme convenable et le cadre dans lequel la confrontation entre les différentes idées (celles du leader et celles de ses opposants circonstanciels) et toute opposition au chef du groupe se fera. L’exemple le plus illustratif de cet enseignement du Khalif-Maitre de son Temps (Baye Seydi Thiaw Lahi), c’est ce pan sombre de notre histoire qu’il serait injuste d’occulter et qui couvre une partie du califat de son père Seydina Mandione Lahi fils, le Khalif le plus éprouvé de l’histoire de la communauté Ahloulahi. En effet, le deuxième Khalif et fils du saint-maitre des Ahloulahi a été confronté à une sorte de rébellion sous la conduite de quelques fidèles à Cambérène regroupés sous la triste bannière du « Parti Gauche ». Encouragés par quelques notables, ils avaient même attaqué la résidence du Khalif avec des jets de pierre alors que Seydina Mandione Lahi était encore dedans. Quand ses fils Baye Seydi Thiaw Lahi et Seydina Mame Alassane se constitués, tout naturellement, en gardes du corps pour défendre l’intégrité de leur cher père et de sa famille en affrontant les insurgés, ce dernier avec sa nature pacifique encadrée par sa grande sagesse avait calmé tout simplement leurs ardeurs : « Seynaa ! Seynaa ! Raan ! Raan ! Baayi leen coow li ! ». Autrement dit, il avait invité ses fils Baye Seydi Thiaw (Seynaa) et son frère cadet Seydina Mame Alassane Lahi (Raan) à arrêter les hostilités. Pourtant durant cette intifada lâchement orchestrée contre la résidence du Khalif par ceux qui de surcroit étaient des membres de sa communauté, un de mes oncle dont le père était un des fils spirituels de Seydina Mandione (Baye Djibril Ndiaye) avait reçu un des projectiles lancés au point de se retrouver avec une entaille profonde à la tête, lui ayant laissé une cicatrice bien visible à ce jour. La chose la plus cocasse dans cette histoire est que la famille du Khalif Seydina Mandione fut ensuite placée sous boycott total par les alliés et sympathisants du Parti Gauche. Ainsi, personne n’acceptait de leur vendre quoi que ce soit au marché ni dans les boutiques qu’ils détenaient. Personne en dehors d’une minorité n’acceptait de les aider à porter les seaux d’eau à la borne fontaine. Ils attendaient que Baye Seydi Thiaw rentrât à Yoff pour aller attaquer la maison du Khalif avec des jets de pierres. Et pour éviter que ce dernier ne fût informé, ils avaient même fini par couper la ligne téléphonique de la résidence de Cambérène. Cette situation avait atteint son paroxysme quand cette même bande du Parti Gauche avait finalement commis l’impensable en tentant lâchement d’assassiner le premier petit-fils de Seydina Mandione à savoir Baye Mbaye Sarr. Ce fut à Ouakam le 19 mai 1966 (cette année 2026 marque les soixante ans de ce triste évènement). Le fils de Sokhna Aitassène Thiaw (fille ainée du Khalif Seydina Mandione) pour avoir défendu la parole et l’honneur de son grand-père Seydina Mandione, avait alors reçu un coup de couteau de la part d’un membre actif du Parti Gauche. Quand Seydina Mandione Lahi, son grand-père, en fut informé, la seule chose qu’il eût dite était d’éviter qu’une seule goutte de son sang ne touchât le sol ! Feu le prédicateur Baye Libasse Sall rappelle encore que les éléments du Parti Gauche étaient allés plus loin encore. Ainsi, un soir, rappelle toujours le célèbre prédicateur, pendant que Seydina Mandione se promenait en compagnie de son père à lui, Baye Mody Thiané Salla (fidèle compagnon du deuxième Khalif), un détachement du Parti Gauche lui avait tendu une embuscade dans les buissons à Cambérène. Flairant le coup, Baye Mody Thiané avait soudain demandé au Khalif de ne pas bouger et d’un coup vif il avait fracassé la tête d’un des embusqués avec la bouilloire en fer (satala) du Khalif qu’il tenait entre les mains. Le pauvre ensanglanté avait poussé des cris tellement fort que le village entier s’était réveillé et le reste de la bande a pris ses jambes à son cou. Mais la question qu’il convient de se poser est de savoir quelle fut la réaction du Khalif Seydina Mandione face à tous ces actes de défiance, d’agression en tout genre et de violence envers lui et sa famille. Il avait tout simplement laisser faire et les abandonnant au procès de leurs consciences collective et respectives sans représailles à leur encore. Pourtant, il en avait les moyens et le pouvoir.

 

Am ngaañ ci baatin ba mel ni gàr te kaw ga lewet

Ba melni am xar, Manjoon yaa nu laxxu ba dem

 

Mais il a continué à vivre à Cambérène comme si de rien n’était. Il avait déjà choisi Cambérène comme étant son fief, sa terre de résidence officielle, et ce pendant tout son califat. Ce qu’il faut apprendre de sa résolution à rester dans ce village fondé par son père (asws) et dont les terres lui avaient été cédées par ses oncles maternelles de la famille Diop de Yoff (celle de Mame Farma), c’est qu’il ne faut pas faire payer à l’ensemble d’un groupe le tribut des erreurs et torts commis par une poignée de membres. C’est ainsi qu’il avait alors continué à vivre parmi eux malgré les hostilités et le danger que représentait une poignée de la population pour lui et sa famille. Sans oublier le boycott de ses activités religieuses par certains notables du village. Le saint Al Hassan Salaam avait d’ailleurs annoncé aux pourfendeurs du paisible deuxième Khalif que même si lui, le principal concerné, leur avait pardonné leurs actes vils et ignobles à son encontre, Allah son Créateur les attendait de pied ferme pour leur régler leurs comptes entre autres révélations. C’est sans doute cette posture responsable, ce leadership extraordinaire du deuxième Khalif et ses valeurs que l’imam El Hadji Mouhamadou Sakhir a voulu transmettre à la postérité dans quasiment tous ses poèmes. Nous y reviendrons s’il plait à Dieu dans le prochain numéro.

NB. Le rappel de cette histoire était nécessaire ; il l’est encore aujourd’hui pour servir de cas d’école à tout leader soucieux de réussir à maintenir la cohésion entre ses administrés. Qu’Allah agrée Seydina Mandione Lahi et le couvre de Sa grâce.

À suivre…

 

#UnePlumeAuServiceExclusifDuMAHDI

 

Par Chérif Alassane Lahi Diop « Sibt Sâhibou Zamâne »,

Analyste politique et économique,

Expert en Commerce et Management des Affaires Internationales,

Aspirant-disciple parmi les Ahloulahi,

Secrétaire Général de Vision 129.

Écrit par: soodaan3

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