BAYE SEYDI THIAW LAHI

TRIBUNE DU VENDREDI N°19 : Aux Origines de la commémoration de l’Appel de Seydina Limamou Lahi (ASWS) (4/4)

today12 mars 2021 44 1

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Aux Origines de la commémoration de l’Appel (4/4)

Après avoir retracé les péripéties de l’appel de Seydina Limamou Lahi (asws), apres avoir rappelé les différents guides religieux et dignitaires ayant répondu aux premières heures de cet Appel, nous dressons cette tribune en l’honneur de l’initiateur de la cérémonie commémorant l’Appel, l’homme qui a écrit en lettre d’or l’épopée glorieuse de la communauté Ahloulahi, je veux nommer El Hadji Seydina Issa Lahi 3ème Khalif des Ahloulahi.

La première célébration connue de l’Appel de Seydina Limamou Lahi Al Mahdi est intervenue un siècle (1301-1401 de l’hégire) après l’avènement de ce dernier (asws). En effet, c’est au centenaire de l’Appel que le Khalif bien-guidé « Sâhibou Zamânihi » (Maitre de son Temps) El Hadji Seydina Issa Lahi décida d’organiser pour la première fois de l’histoire de la Communauté Ahloulahi, la cérémonie commémorative de l’Appel de son vénéré grand-père (asws).

Communément appelé Baye Seydi Thiaw Lahi, El Hadji Seydina Issa Lahi est le 3ème Khalif des Ahloulahi et premier petits-fils du fondateur à accéder au califat. Il succéda à son vénéré père, Seydina Mandione Lahi en 1971. Dès le début de son califat, il prédisait ceci à ses proches disciples : « j’ignore le moment où je quitterai ce bas-monde, mais avant de m’en aller rendre compte au Seigneur, je ferai connaître mon grand-père (asws) aux gens de mon époque ». Quelques 10 ans après, en 1981, il rappela à ses proches que l’Appel qu’avait lancé Seydina Limamou Lahi (asws) un dimanche 1er cha’bân de l’an 1301 de l’hégire (24 mai 1884) allait avoir 100 ans cette année-là.

Auparavant, Seydina Limamou Lahi lui-même (asws) avait « envoyé » un premier émissaire, puis un deuxième et enfin un troisième confirmateur pour ordonner au Khalif-maitre de son Temps, Baye Seydi Thiaw Lahi, de rappeler son message au monde moderne à l’occasion du centenaire de l’Appel. Il s’en ouvrit alors à ses frères dont Seydina Mame Alassane Lahi (4ème Khalif) et Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw (actuel Khalif). Il informa aussi les intellectuels de la communauté notamment Imam Mouhammadou Sakhir Gaye et le Professeur Assane pour discuter sur le format, etc. Plusieurs réunions privées furent organisées entre Imam Mouhammadou Sakhir et le regretté professeur Assane Sylla, au domicile de ce dernier à Amitié.

Baye Seydi Thiaw nomma Serigne Ablaye, qui fut le porte-parole de la communauté, coordonnateur de la commémoration du centenaire de l’Appel de Seydina Limamou Lahi (asws). Il chargea son frère Seydina Mame Alassane Lahi, homme à la sagesse reconnue, homme aux conseils précieux et aux prières très efficaces de l’accompagner dans cette tâche. Des commissions furent alors créées pour mieux gérer cet événement extraordinaire qui allait être organisé pour la première fois de l’histoire de la communauté Ahloulahi sous l’impulsion du vénéré et déterminé 3ème Khalif. Entre autres commissions, il y avait une commission des finances, une commission organisation, une commission hébergement et restauration, une commission presse, etc.

Le choix opéré par Baye Seydi Thiaw Lahi, en désignant son jeune frère Seydina Abdoulaye coordonnateur de l’évènement, était très stratégique à bien des égards. En effet, c’est son père Seydina Mandione Lahi qui avait choisi Serigne Ablaye pour être son porte-parole attitré en lui confiant aussi la gestion des dahiras et l’organisation des évènements religieux durant tout son califat. Et donc Serigne Ablaye était le « général » nommé à la tête de l’armée des fidèles Ahloulahi, ces vaillants hommes et femmes qui l’accompagnaient tous les samedis un peu partout dans sa mission de vulgariser le message du saint-maitre (asws).

Dans sa dextérité, son engagement et son leadership naturel, il a su traduire avec brio la volonté du Khalif, son frère ainé Baye Seydi Thiaw Lahi en mobilisant le groupe des chanteurs de la communauté dont Baye Issa Ndiaye, Oustaz Magoum Keur Diongue, Papa Ndoye, Mouhamadou Lahi Ndir, Amar Samb, Seydina Niang, Pape Thiam Kharikhou, etc. et tous les dahiras Layènes du pays. Sous sa direction des chants furent composés à la gloire du 3ème Khalif :

On lui disait alors :

Central dynamo bi ya ko yor,

[Do seen moroom]

Taalal mou leer

say may du jex

ou encore :

Doctooru baatin bi yaay wérël

[do seen moroom]

ku fi nieuw ba dem dooto fi gueudj

Baye Iba Faye, Baye Libasse Sall, Baye Mouhamadou Laye Seck (secrétaire de Serigne Ablaye), Baye Ndiobba Dème et Baye Issa Seck Mâye, Baye Issa Fall (Président du Groupement Central), Baye Seydina Ndoye (Président de la Fédération des Dahiras), Baye Médoune Mbaye, ont aussi joué un grand rôle dans l’organisation. Les jeunes disciples de la communauté de l’époque furent aussi bien impliqués dans l’organisation. À titre d’exemple, Baye Ndjine Thiaw fils de Serigne Ablaye (l’actuel général) prit ses responsabilités en se chargeant avec un groupe d’autres jeunes de sa génération de planter les tubes et les bâches sur les différents sites devant accueillir l’évènement : c’est ainsi qu’il créa le Groupe Bâche.

À un de ses vieux compagnons de « maass » qui le prévenait : Et si les fidèles ne parviennent pas à rassembler la somme nécessaire pour organiser l’événement, Baye Seydi Thiaw Lahi dans sa détermination répliqua : « alors je chargerai les disciples djinns de mon grand-père qui vivent dans l’océan de sortir du puits béni de Jamalahi des pierres d’or et d’argent que je convertirai en argent liquide ! ». Son compagnon lui fit encore « Et si cette nouvelle célébration venait à ravir la vedette à l’événement le plus important de la communauté (à savoir la Korité) ? » Baye Seydi Thiaw Lahi répondait : « La Korité c’est l’affaire de mon grand-père ! Tandis que la célébration de « wooté bi » c’est mon affaire personnelle ! ». Pour vous montrer combien le Khalif était déterminé et ne comptait ménager aucun effort pour la réussite de sa célébration.

À l’époque, on utilisait le terme « Ajîbô » et non « Appel ». Cependant pendant que Seydina Issa Lahi Diop (secrétaire du Khalif) menait les démarches administratives auprès du ministre de l’Intérieur de l’époque Madieng khary Dieng – qui vient d’ailleurs de nous quitter récemment et à qui nous rendons un hommage méritant au passage pour tous les services rendus à la communauté Ahloulahi – le terme « Appel » finit par s’ancrer.

Aussi, le 5 juin de l’an 1981, Baye Seydi Thiaw Lahi et ses frères en compagnie des fidèles Ahloulahi rappela-t-il au monde le message de Paix, de Salut, de Solidarité et plein d’enseignements qu’avait lancé le saint-maitre un siècle plus tôt. Cette année donc correspond à la 40ème édition (suivant le calendrier solaire) depuis que la célébration de l’Anniversaire de l’Appel a été initiée par Baye Seydi Thiaw Lahi. Aujourd’hui la célébration de l’Appel est devenue le plus grand événement religieux de la communauté Ahloulahi en considération de la marée humaine qu’elle draine et de la couverture médiatique qu’elle impose chaque année.

Cela démontre à suffisance que la prédiction que fit Baye Seydi Thiaw s’est réalisée : « les gens de son époque connaissent Seydina Limamou Lahi (asws) ». D’ailleurs, après la célébration du centenaire en 1981, des foules de gens toutes confessions religieuses confondues ont afflué à la résidence de Baye Seydi Thiaw Lahi Sangoup Jamono pour lui faire allégeance et embrasser la doctrine de Seydina Limamou Lahi (asws). Auparavant, son secrétaire particulier le prévenait sur la possibilité que la télévision nationale (ORTS) très surveillée et très censurée à l’époque – car étant la seule qui existait dans le pays – ne diffuse pas entièrement les images recueillies de cette première célébration. Baye Seydi Thiaw Lahi le rassura : « même si c’est seulement 5 minutes de la célébration qui sont diffusées, quiconque ne nous copie pas [dans notre façon de louer les louanges du Seigneur], perdra ses disciples ».

À la suite de Baye Seydi Thiaw Lahi, son frère et successeur Seydina Mame Alassane Lahi assur,a avec brio, la relève avec l’aide de ses frères Seydina Abdoulaye, Chérif Ousseynou et Imam Mouhamadou Bachir. Aujourd’hui, toute la famille du Mahdi (asws) et les fidèles tentent de rendre la monnaie de sa pièce à notre El Hadji Abdoulaye Thiaw Lahi qui a servi de la meilleure des manières tous ses prédécesseurs.

Profitant de l’occasion que m’offre cette tribune, je rends un hommage à mon défunt père El Hadji Seydina Issa Lahi Diop dont la date d’aujourd’hui marque l’anniversaire de sa naissance. Il fut ingénieur Chimique sorti de l’École Nationale des Industries Chimiques de Nancy (ENSIC), polytechnicien, économiste spécialiste du développement et de la planification économiques sorti de l’Institut de Développement Économique de la Banque Mondiale, spécialiste de la jurisprudence islamique et diplomate chevronné, membre fondateur et ancien secrétaire de l’Association des Professeurs Africains aux côtés du Professeur Joseph Ki Zerbo et du poète David Diop (Afrique mon Afrique) volontairement chargés de la reconstruction de la Guinée après les incidents de 1958. Pourtant quand son cousin Mame Rane (4ème Khalif) le sollicita pour devenir « Secrétaire particulier » de son grand frère, le 3ème Khalif El hadji Seydina Issa Lahi, feu mon père accepta sans faute.

Pendant qu’il servait le mahdi aux cotés de Baye Seydi Thiaw Lahi, Seydina Issa Lahi Diop déclina plusieurs propositions du Président Senghor pour être Ministre de la République. Il se justifiait par « être ministre de Baye Lahi vaut mieux que d’être ministre de la république ». Il n’a jamais ménagé aucun effort pour le triomphe de la doctrine Ahloulahi. Plusieurs fois, il demandé au Khalif El Hadj Seydina Issa Lahi le montant de la contribution globale de tous les Layènes pour les besoins de l’Appel et une fois que celui-ci l’en informait, il sortait lui-même de sa poche le même montant pour sa contribution individuelle à l’œuvre de Sangoup Jamono.

Je prie Allah de le rehausser en « darajat » auprès des Munfiqiina. Que Seydina Limamou Lahi (asws), son oncles et parrain Seydina Issa Rohoulahi (as) et toute la famille du Mahdi soient ses compagnons (wetteul) dans les hautes sphères de Jannatu Nahiim.

Par Chérif Alassane Lahi Diop,

« Sibt Sâhibou Zamâne »,

Secrétaire général de Vision 129

 

Écrit par: soodaan3

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