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L’EXIL DE SEYDINA LIMAMOU LAHI (PSL) : 1ère partie

today4 août 2022 417 11 1

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De Yoff à Nguédiaga

Il (Seydina Limamou LAHI (psl)) s’adressa à nouveau à son oncle paternel et aux autres, du fait de leur insistance : « Vous pouvez rentrer chez vous, si Dieu le veut, je ferai ce que vous avez dit ».

Après cette première attaque des colons qui s’est soldé par un échec et une humiliation sans précédent, leur fierté en fut blessée et leur respectabilité menacée. Seydina Limamou Lahi dit à ses compagnons que l’ennemi bien que combattu aujourd’hui ne baissera pas les bras face à cet affront et qu’il reviendra renforcé. Ainsi, il prépara ses disciples aux jours sombres qui les attendaient.

Seydina Limamou fit sa prière de début de l’après-midi, puis celle de l’asr, puis dit à ses fidèles réunis : « Tout envoyé de Dieu a dû subir un exil, je vous demande de vous disperser (provisoirement) ». Il conseilla ensuite à ses épouses d’aller séjourner ailleurs (auprès de leurs parents). Après avoir accompli la prière du crépuscule, il prêcha devant ses fidèles, leur faisant savoir la grandeur et la récompense que Dieu réserve à ceux qui veulent bien être les compagnons d’exil de son Envoyé. Après la prière du crépuscule, et la dispersion de la foule, Limamou quitta Yoff, le moment de son départ étant ignoré par la grande majorité des gens. Quand les fidèles s’aperçurent qu’il était parti, accompagné de quelques-uns de ses plus proches disciples, ils se mirent à sa recherche, se dirigeant partout où ils espèrent pouvoir le trouver. Or nul ne connaissait l’endroit où il s’était réfugié, sauf un petit nombre de disciples.

En effet, tandis que les colons étaient en train de concocter un plan de déportation et de destruction du village de Yoff, Dieu ordonna à Seydina Limamou de s’exiler. Il quitta Yoff la nuit du 10 au 11 septembre 1887 accompagné de 4 de ses disciples que sont Thierno Sarr Thiom, Alé Mbaye, Demba Mbaye et Abdoulahi Samb. Seydina Limamou Lahi (psl) avait demandé, avant son départ d’exil, à ses compagnons de trouver des volontaires qui partiraient avec lui. Ils étaient 5 volontaires au départ, les quatre cités et Momar Bineta Samb que Seydina Limamou fit retourner pour porter assistance à sa famille et à certains de ses disciples. Il était d’une taille et d’une corpulence telle qu’il forçait le respect de tous « Ô Momar Bineta, tu me rappelles Seydina Oumar qui fit gagner à l’Islam beaucoup en y entrant. Que Dieu te récompense infiniment. ».

 

Le Pèlerinage de Nguédiaga est célébré le lendemain de la Tamxarit. Il commémore l’exil du Messager d’Allah, Seydina Limamou LAHI (PSL). Cette année, l’événement est parrainé par la famille de Thierno Sarr THIOME, un des sahabas ayant accompagné l’Imam al-Mahdi dans son exil. Son petit-fils Adama Thiome nous raconte les conditions du départ en exil de la Meilleure des créatures (PSL). Reportage Sélou Laye BA
Le parcours du Messager d’Allah

L’exil débuta après la prière du soir « icha » vers une destination inconnue. Ainsi, Seydina Limamou Lahi suivait l’ange Gabriel que Dieu lui avait assigné comme guide alors que ses compagnons le suivaient lui, le guide des biens guidés. En cours de route, il ne cessa de réconforter ses compagnons en leur rappelant que Dieu est avec eux et qu’il les guide.

Arrivés à hauteur de Diamalahi, le lieu où il est actuellement inhumé, il fit ses ablutions, une prière de deux prosternations et dit à ses compagnons : « Nous partons, mais nous reviendrons, car voici la demeure ; les peuples du monde entier seront ligotés et amenés ici et le jour de la résurrection, ils se retrouveront face à moi et j’aurai raison sur eux. ». A quelques centaines de mètres, il fit une prière mortuaire en un lieu qui deviendra le cimetière musulman de Dakar, avant de poursuivre son chemin. Plus loin, à l’endroit qui deviendra Cambérène, il dit à ses disciples : « n’entendez-vous pas des bruits ? Non ! répondirent-ils. Alors Limamou désignant cet endroit obscur, désert et boisé leur dit : « Voici la ville, voici les femmes qui puisent de l’eau et les jeunes gens qui chantent les louanges de Dieu et glorifient mon nom ». Il continue son chemin s’arrêtant, priant, disant des prédications étonnantes comme la future naissance des villes qui s’établiront partout où ils sont passés.

Arrivés à l’endroit qui deviendra Ndingala, ils dépassèrent un grand baobab qui se prosterna devant le Saint Maitre et ne se releva plus jamais ; cela en guise de preuve pour la postérité. Il dit « j’ai un autre compagnon que ce baobab qu’il me reste à retrouver. ». Après quelques pas, ils virent un trou dans lequel il y avait des herbes mortes et d’autres débris. Limamou (psl) s’accroupit, débarrassa le trou des débris et aussitôt une eau douce jaillit en flots. Il en but et dit « buvez, Thierno bois ! Voici mon autre compagnon ». Le puits demeure jusqu’à nos jours intarissable.

Arrivés à l’endroit appelé Nguédiaga, situé entre le rivage et le village de Malika, Limamou s’arrêta fit une prière de deux prosternations et dit : « Le Prophète Abraham est passé par ici, lors de son voyage au Couchant, l’un de ses fils a été enterré ici… ». Puis, Limamou leur fit savoir qu’il venait de recevoir l’ordre de Dieu, transmis par l’ange Gabriel, de se diriger vers le Nord.

Arrivés à une dizaine de km de Yoff à hauteur de Malika, village non habité à l’époque, il déclara « Dieu a mis des entraves au niveau de mes pieds je ne peux plus avancer ». Ses compagnons rétorquèrent qu’il est leur guide donc si lui ne peut plus avancer eux aussi ne le pourront pas. Il recommanda à ses quatre compagnons de prendre les quatre directions afin de lui rapporter ce qu’ils trouveraient comme refuge. Son disciple Thierno Sarr Thiom qui avait pris la direction de l’orient vint lui rapporter qu’il avait trouvé un monticule de sable surplombé par un arbre qui semblait former un abri avec ses branches. Seydina Limamou lui répondit que c’est là leur lieu de refuge, une retraite qui devait durer trois jours. Avant d’y pénétrer Limamou récita une prière et dit :« c’est la même formule que Djibril m’avait enseignée lorsque je pénétrais avec Ababacar dans la grotte de Hira au cours de l’hégire ».

Durant ces trois jours, il recommanda à ses compagnons de jeuner, à l’émoi de ceux-ci qui se demandaient comment des exilés qui n’avaient rien apporté avec eux comme provision pourraient jeuner. Ils se disaient qu’il était plus judicieux pour eux d’économiser leurs forces dans cette épreuve dont ils ne connaissaient pas l’issue. Toutefois, le maître Seydina Limamou Lahi leur fit savoir que cette décision venait de Dieu et qu’il leur donnera de quoi rompre leur jeûne comme il l’avait fait à la Mecque lors de son exil vers Médine, accompagné d’Aboubacar et de son esclave affranchi Amir. Cela fut fait comme recommandé. Au moment de la rupture du premier jour du jeûne, Dieu guida deux de ses disciples à savoir Sam Penda et Sira Tall, qui arrivèrent sur le lieu reculé et caché où le Saint Maitre s’était retiré. Ils s’étaient mis à sa recherche lorsqu’ils ont appris sa disparition, parcourant les vergers aux alentours de Yeumbeul, Thiaroye et Malika. Au deuxième jour, les deux bergers étaient accompagnés de Tafsir Abdoulaye Diallo, Ali Yakh, Seynabou Diene et le petit Mandione dont la présence avait été requise par Limamou (psl) qui déclara « seule la paix régnera là où Mandione est présent ». Ces deux bergers lui apportèrent du lait caillé et du lait frais comme l’avait fait Oum Mahbad pour l’exil vers Médine.

Pendant ce temps, la gigantesque expédition militaire arrivée à Yoff dans la même nuit vers 3heures du matin resta sur place pendant deux jours, attendant désespérément le retour d’Al Muntazar. Ainsi, se sont-ils ennuyés, énervés, et finiront par incendier la maison de Seydina Limamou. Le feu se propagea et alla détruire la baraque d’une dame française du nom de Mme Zimmer ainsi que des dizaines d’autres maisons d’indigènes. Celle-ci avait réclamé au Délégué de l’intérieur une somme de 1000 Francs pour refaire sa maison. Les fidèles restés à Yoff subirent toutes sortes de brimades au point qu’ils quittèrent le village pour se réfugier à Dakar chez certains compagnons comme Thierno Ababacar Sylla, Abdoulaye Diouf, Alassane Ndoumbé Dior, Ndongo Diagne etc., tous des disciples de Seydina Limamou Lahi al Mahdi (psl). Durant toute cette absence, la communauté fut dirigée par son ami et fidèle compagnon Thierno Ababacar Sylla.

Parallèlement, le délégué de l’intérieur Cleret avait mobilisé tous les hommes valident des 7 villages lébous de Dakar pour retrouver le Saint Maitre, en plus de télégrammes envoyés à ses collègues et supérieurs : « Troupes parties ce matin 3 heures : vient d’être informé Limamou Thiaw parti vers 11 heures nuit avec femmes et enfants et une vingtaine d’hommes par chemin bord mer. Ai télégraphié aux chefs de canton Rufisque, Commandant de cercle de Thiès, chef poste de Thiès. »

Leur nombre était tellement important qu’ils ressemblaient à un essaim de sauterelles allant à la recherche de la meilleure des créatures, sous la contrainte. On battait des tam-tams et des tambours comme s’il s’agissait de fêter un mariage.

Le Délégué de l’intérieur Cleret (successeur de Baginski) décrit dans son rapport du 19 septembre 1887, l’importance de cette expédition militaire. Il écrit en effet : « Monsieur Bert formait une véritable colonne composée de cavalerie et d’artillerie. Je fournissais 40 porteurs pour les bagages ». Forte déception pour ces soldats qui étaient prêts à tout détruire, car ils ne trouvèrent sur les lieux, ni Seydina Limamou, ni ses disciples. Alors qu’ils comptaient sur l’effet de surprise. Ignoraient-ils que Seydina Limamou Lahi (psl) est le plus informé des créatures ?

Au quatrième jour de l’exil, vers midi, un jour de mercredi, ils étaient plongés dans l’embarras, n’ayant aucune nouvelle de Limamou, qui pourtant n’était pas loin d’eux. Limamou sachant combien ils étaient fatigués, envoya vers eux l’un de ses compagnons : « Va leur dire que je suis ici, dis-leur de venir à moi ».

La forte affluence des fidèles lors du Pèlerinage de Nguédiaga

Lorsqu’ils vinrent à lui, ils étaient si nombreux qu’ils ressemblaient à des sauterelles. Une voix dans la foule cria « tuez-le à la façon des nomades et qu’on en finisse » ; deux autres voix rétorquèrent « ne le tuez pas vous n’avez aucun droit sur lui ». Il s’agissait de Gedj Seck et Gorgui Diop, qui vouaient secrètement une sympathie pour lui. Limamou prit alors la parole « qui est ce qui demande qu’on me tue ? ». On murmura que c’est Serigne Tengeth (autorité coutumière à Rufisque). « Tu n’es point Ibrahima Seck, Serigne Tengeth tu es plutôt Satan le maudit, que j’avais combattu et vaincu hier à la Mecque, Ibrahima Seck est là-bas à Rufisque, il est malade des dents, il porte un foulard sur sa tête ». Quand les gens se retournèrent, ils ne virent plus celui qui était avec eux et qui parlait sous l’apparence d’Ibrahima Seck. Limamou leur déclara : « Faites de moi ce que vous voulez ». Ils répondirent : « Nous jurons par Dieu que nous ne pouvons rien contre toi. Nous t’avons cherché sous la contrainte, par manque de possibilité de résister aux français et par crainte (des représailles) de ces derniers ; mais ce n’est pas de notre propre gré, car toi tu es notre Saint Maître, tu es notre chef ».

Le chef de ce groupe composé d’individus habitant à Dakar, dont le nom est Birama Wélé déclara s’adressant à ses compagnons : « Vous, mes amis, sachez que la mère de Limamou est meilleure que la nôtre ». Limamou lui répondit : « Toi, en tout cas ma mère est meilleure que la tienne, car mon père avait d’abord épousé ta mère, si ta mère était comme la mienne, elle ne se serait pas séparée de mon père ». Par cette réponse, Limamou montra son courage et voulait faire comprendre aux gens venus l’arrêter qu’il n’avait pas peur d’eux. Il ajouta : « Si je ne tenais pas compte des « chapelets » que vous portez autour du cou, vous ne recommenceriez plus jamais ce que vous avez fait aujourd’hui ».

Les trois jours passés en exil étaient ceux qu’il avait annoncés dans la formule : « trois ans, trois jours, trois mois ». Alors que ceux qui venaient de l’arrêter le conduisaient à Dakar, l’heure de la prière du début de l’après-midi (tisbar) les trouva en chemin vers Yarakh (Hann) ; ils furent intéressés de voir Limamou faire ses ablutions, se disant qu’ils allaient avoir l’occasion de voir ses cheveux. Ils avaient appris, en effet que nul ne pouvait voir les cheveux de Limamou, toujours cachés par ses deux turbans. Cela faisait penser à certains que son pouvoir lui venait de quelque chose qui était en dessous. L’occasion de la prière de tisbar était bonne pour enfin satisfaire leur curiosité. Limamou se mit à faire ses ablutions, sous le regard curieux de cette foule …

(A suivre…)

Ibrahima Abou SAMB

Écrit par: soodaan3

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